jeudi 10 janvier 2013

LE PEUPLE TATOUÉ

LE PEUPLE TATOUÉ

Les vagues se fracassent sur la côte rocheuse et creusent des tranchées dans le sable noir parsemé de longues traînées grises dont l'origine est la lave incandescente des volcans maintenant éteints. Ils sont en relation avec le centre de la terre, ceinturent une immense plage où se pratiquent la crémation et d'étranges sacrifices humains de déchirement du corps, des étirements des membres et des lapidations de femmes adultères.
Quand la lune est pleine, une pirogue creusée dans un arbre de bois noirci par le feu plonge à intervalles réguliers dans les vagues écumantes.
Un messager, à la proue de l'embarcation, dirige la manœuvre, et d'une voix caverneuse donne des ordres aux piroguiers dont le corps est lardé de coup de
lance et de sabre d'abordage, percé par la dague effilée qu'il porte à son flanc.
Après l'accostage il détache de son ceinturon un petit sac de peau, une peau rugueuse et ternie par le soleil, extrait une feuille large détachée d'un buisson d'épineux et inscrit les mots suivants:

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La feuille roulée en boule est glissée dans une fissure de l'arbre.
Un peu de sable et d'argile firent un bouchon hermétique.
Un chant s'élève et les oiseaux de mer se dirigent vers les Terres du Sud.


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