vendredi 10 août 2012

ENTRE LA NUIT DE TON NU. Gherasilm LUCA

LUNE &VENUS

entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues
entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds
entre le temps de tempes et l’espace de ton esprit
entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières
entre le bas de tes bras et le haut de tes os
entre le do de ton dos et le la de ta langue
entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris
entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres
entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu
entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve
entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts
entre le bout de tes doigts et les bout de ta bouche
entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine
entre le point de tes poings et la ligne de tes ligaments
entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur
entre le cou de tes coudes et le coucou de ton cou
entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses
entre l’air de ta chair et les lames de ton âme
entre l’eau de ta peau et le seau de tes os
entre la terre de tes artères et le feu de ton souffle
entre le seing de tes seins et le seins de tes mains
entre les villes de ta cheville et la nacelle de tes aisselles
entre la source de tes sourcils et le but de ton buste
entre le musc de tes muscles et le nard de tes narines
entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius
entre le manteau de ton menton et le tulle de ta rotule
entre le tain de ton talon et le ton de ton menton
entre l’œil de ta taille et les dents de ton sang
entre le pulpe de ta pupille et la serre de tes cernes
entre l’oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête
entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes poignets
entre les frontières et le visa de ton visage
entre le pouls de tes poumons et le pouls de ton pouce
entre le lait de tes mollets et le pot de ta paume
entre les pommes de tes pommettes et le plat de tes omoplates
entre les plantes de tes plantes et le palais de ton palais
entre les roues de tes joues et les lombes

 " Je me perd. Comment te retrouver et vivre le bonheur ineffable des jours de poésie, des larmes sur les plages indiennes, des chants et des mantras, des danses sur le sol des temples, s'enivrer de l'odeur de l'encens, dans le Gange enfin prendre l'énergie des bûchers. Je me perd."   C.C

mardi 7 août 2012

LE VERBE-LE RÊVE- Yeux clos et murmures-soupirs

Les yeux clos






Dans le rêve et les yeux clos, le relâchement du corps, l'abandon, le verbe se fait "chair", dans la nuit des gestes lents, des repliements, des écartements, des frissons et des soubresauts, puis une respiration lente, un chant en soi, chant du lointain, de l'impalpable, chant des sens, chant des pleines lunes et des soleils sombres, des peurs...
L'étreinte des corps, et les sueurs, les larmes, les fluides.
A nouveau le verbe.
Parfois inintelligible.
Toujours présent.
Sa limpidité en fait un acte créateur... Un ange est là...

Ode au sculpteur

.
UN CORPS DEVIENT ÉROTIQUE QUAND IL EST ANIMÉ PAR DU VERBE.


Ph. SOLLERS





ODE AU SCULPTEUR

ODE AU SCULPTEUR



La création sur le corps du modèle vient de ses lèvres

Ses soupirs.

Son souffle parfumé.

Ses paroles inintelligibles pendant l'acte créateur.

Un sourire lointain qui va loin dans la pensée.


*


Les mains pénètrent l'argile,

Ébauchent la forme

Griffent

Font du bloc informe une volute harmonieuse

Un corps en gestation.


*


Les mains étirent

Frappent, roulent,

Les coups s'abattent avec force et intelligence,

Une forme naît

 une forme en vie.

Tout a débuté par un sourire.

Le modèle s'est abandonné.

C'est une méditation .

Le ciseau travaille la pierre,

il façonne les rondeurs,

les creux de la chair à laquelle il donne vie,

le regard qui prend force et devient humain.

Il y a dans cet homme,

cette femme,

cet animal.

Toute une vie.

Un grand mystère.

Une création.



Le sculpteur et sa création.


lundi 6 août 2012

ÉROTISME ET RELIGION. L'ADORATION

 ÉROTISME ET RELIGION. L'ADORATION


La dimension érotique est certaine dans cette œuvre de FRA ANGELICO, réalisée à la "tempéra" par C.CAZALS, de l'atelier école de restauration de Chateaurenard.
Les jambes et la mutilation des pieds par le clou, le sang qui se répand sur le bois de la croix, l'immensité évoquée par le bleu tourmenté qui nous dit que c'est au sommet d'une colline que le supplice a lieu.
Le visage du saint, la tête entourée d'une mandorle est dans l'adoration.
Enfin, se dégage de l'œuvre une grande maîtrise de la méditation. Les pieds sont le mouvement qui n'est plus possible.
Existe toujours la puissance de la vie malgré la souffrance. Ce qui donne aux personnages la transcendance du corps.