samedi 4 août 2012

HASSAN

MAURITANIE
Hassan


attaché consulaire de Mauritanie au Sénégal


Nous étions sans papier pour repasser par la Mauritanie.
Une belle bande de sable
longeant la côte.

Les hommes bleus sont les gardiens de ce désert somptueux.
Alors nous AVONS discuté avec le consul.
Une conversation de marchand de tapis.
A croupetons sur de très beaux tapis.
Une théière fumante et odorante.
Une histoire très drôle.
De chameau.
Comment le faire passer par le chas d'une aiguille?
Une femme grosse et laide qui ne peut être acceptée
en mariage.

Et le fou philosophe,
Nasredine hodja,
proclama qu'il n'était rien d'impossible pour Allah.
Même de faire passer un chameau
par le chas d'une aiguille.

Le fils du consul
qui assistait a notre entrevue
se tourna vers son père
et lui demanda comment cela était possible.

C'est simple répondit le consul.

Ou bien il rétrécit le chameau,
ou bien il agrandit le chas de l'aiguille.

L'assemblée éclata de rire.
Le consul se mit à son bureau
Et nous rédigea le laissez passer sur le champ.
Ensuite, hassan, se chargea de nous diriger
et de nous assister.

©boucherif



lundi 30 juillet 2012

ENTROUVERTE


Il osa regarder.
Souvent, quand le soir venait, il passait devant ce jardin plein de mystères.
Des senteurs capiteuses se dégageaient d'une flore inconnue qu'il devinait, des chants d'oiseaux et des rires, et des soupirs, des paroles chuchotées.
Il osa regarder.
La porte, ancienne de fer rouillé, grinçante, entrebâillée, l'invita à approcher son visage.
Un entrelacs de branches supportant des fruits étranges et de ronces, des fleurs aux corolles profondes et colorées, une main, un sein d'une blancheur nacrée, un visage épanoui, des lombes masquées par un buisson
d'acanthes en forme de chapiteau.
une marre, la surface irisée, chargée d'herbes aquatiques.
Le coassement des grenouille
Un vent léger
Le bruissement de l'eau
Dégoulinant sur un tapis de roches moussues.
Et puis des fleurs étranges
Des noires,
des rouges sombres.
Elles ont des tiges démesurées,
des épines sanglantes
ployant sous le poids du calice.
Une musique dans ce jardin
et des oiseaux étranges.
Un immense bec de jais, luisant,
arme puissante et meurtrière,
prête à déchirer le visage de celui approchant
de trop prés.


LE JARDIN SECRET

dimanche 29 juillet 2012

SUR LE CHEMIN DE KSAR BOUCHERIF

Épiphanies

Chant du désert et des hommes bleus

*
Terre d'Orient
des villages de boue sèche et de roseaux.
Adembo, le jeune griot,
marche en tête de la caravane.
Il fixe l'horizon
l'ouest rougeoyant d'un soleil en repos,
d'un soleil caressant l'océan.

Un chameau blatère et grimace.
La caravane accélère,
il dirige les bêtes de somme,
ses pieds glissent dans la poussière.
*
Le sable pénètre les corps
s'infiltre dans la chevelure.
Le vent cherche à détacher le khôl et brûle les yeux
Des femmes dansent.

La caravane est dans la joie.

Les chants font écho dans l'immensité du désert.
Les chants en écho glissent sur les falaises de roche friable.

L'ombre se propage.
La caravane se transforme en cercle parfait.
Dans la nuit parfumée les prières et les chants.

La danse rituelle jusqu'au matin

©boucherif


SUR LE CHEMIN DE KSAR BOUCHERIF