mercredi 14 août 2013

LES CHATS

Les Chats


 
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires
Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Érèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont plein d'étincelles magiques
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
Baudelaire, Les fleurs du mal



POUR EXPLIQUER L'ÉRÈBE
 « Donc, au commencement, fut Chaos, et puis la Terre au vaste sein, siège inébranlable de tous les immortels qui habitent les sommets du neigeux Olympe, et le Tartare sombre dans les profondeurs de la vaste terre, et puis Amour, le plus beau des immortels, qui baigne de sa langueur et les dieux et les hommes, dompte les cœurs et triomphe des plus sages vouloirs. De Chaos naquirent l'Érèbe et la sombre Nuit. De la Nuit, l’Éther et le Jour naquirent, fruits des amours avec l’Érèbe. À son tour, Gaïa engendra d’abord son égal en grandeur, le Ciel étoilé qui devait la couvrir de sa voûte étoilée et servir de demeure éternelle aux Dieux bienheureux. Puis elle engendra les hautes Montagnes, retraites des divines nymphes cachées dans leurs vallées heureuses. Sans l’aide d'Amour, elle produisit la Mer au sein stérile, aux flots furieux qui s’agitent. »

mardi 13 août 2013

PIERRE REVERDY / De la pierre à l'eau


Le ciel est trop bas
                    Pour qu’on puisse rire
                    La mer se retire
                    Et le jour s’en va
Les lumières poussent au ras du sol
Au bord de l’eau crépitent les étoiles
l’odeur des arbres morts
les cris pris dans les voiles
Et le bras vigoureux qui dresse le décor
Les hommes
Les vaisseaux
Les eux du sémaphore
Sur le sable mouvant et les pas de la nuit
Dans le même rayon l’eau qui se décolore
Et le visage rond qui monte
                                ou l’œil qui rit
Ce coin où les signaux sont plus loin que le monde
Où le feu qui se pose est plus vite englouti
Quand le soleil éclate et que l’air devient rose
Ce coin sous les rochers humides
                                  Et à midi 


Pierre Reverdy, Sources du vent, in Œuvres complètes, tome II, Flammarion, 2010, p. 125 



Remerciements au site POEZIBAO et à florence TROCME pour son aide efficace.







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Le dernier mobile 

Le mur derrière les angles
Où la fenêtre luit
Un plastron ou une cuirasse
Personne pour dire un mot
Les arbres passent
Les nuages
Les pointes
La terre a bien l’air de tourner
On ferait des efforts en vain pour s’en aller
Le dos au feu
Les yeux fixés sur la muraille
C’est la maison qui marche
Et moi qui suis assis
Et toutes les fenêtres en passant m’ont souri
Encore une heure
Et tous seront partis
Sauf un
Qui restera toujours
Seul
Pour garder la nuit.

Pierre Reverdy, Pierres blanches, in Œuvres complètes, tome II, Flammarion, 2010, p. 253 



LE LAC MAJEUR / MORT SHUMAN


lundi 12 août 2013

Exposée à Saint Rémy de Provence. Contacter Luc CAZALS, 1 rue L.Estrine


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BABEL ( JENNY BOURDONCLE IMBERT )

dimanche 11 août 2013

VIE NOCTURNE SAINT RÉMY DE PROVENCE


EL BRAHIM JAS

El Brahim Jas 

Le bois chante, gémit sous le ressac; le bois éclate, se fend, vole en éclat sous les coups de boutoir d'une mer déchaînée. Une dislocation savante, un partage. Le bois précieux s'enfonce et disparaît sous la vague, l'écorce fragile, les éléments de contention, cuivre et clous se répandent et brillent sur le sable. L'homme maori tient l'enfant et lui fait sauter les flaques de jus saumâtre et brunissant.
Une flèche de bois à la main, un carquois creusé dans le bambou solide de l'île, une aiguille fine de santal lui transperce les narines et pare le visage du guerrier. L'homme maori allonge l'enfant, lui caresse le ventre, l'entoure de fines planches recueillies dans les flots. Il les coud
ensemble, dépose le petit corps dans le cercueil improvisé. Il souffle sur les pieds de l'enfant et doucement, d'un geste caressant, un signe vers l'horizon, confie le corps inanimé, rigide, à la mer.
Plus tard, un cercueil de bois flotte entre les îles.
Les chamanes assis sur les roches des montagnes, parmi les ronces et les arbustes, diront qu'ils ont vu le Dieu de la forêt, l'enfant bois, l'enfant aux veines gonflées par les vers lumineux qui peuplent les plages et montrent la route aux vaisseaux perdus.
Le bois et la pierre s'épousent sauvagement sur les hauteurs envelo
ppées de brume.
©CHRISTIANCAZALS


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VILLAGE DES ARTS DE DAKAR/ VIVRE LE RAMADAN.

Comment atistes et créateurs vivent le ramadan au village des Arts à Dakar


Comment artistes et créateurs vivent le ramadan : Le Village des arts prend un coup de jeûne. Au village des Arts de Dakar, les artistes s'organisent différemment en cette période de jeûne. Les organismes sont soumis à rude épreuve et à chaque plasticien sa solution pour travailler convenablement et ne pas pâtir de la diète. Cette année au Village des Arts de Dakar, la saison creuse hivernale coïncide avec le mois de ramadan. Ce concours de circonstances qui peut paraître fâcheux n'a pourtant pas de répercussions négatives sur le quotidien des artistes qui ‘hantent’ les lieux. Tout au plus, ce sont les horaires de travail qui s'en trouvent perturbés car, diète oblige, la plupart des ateliers tournent quelque peu au ralenti dans la journée. Mais quoi qu'il en soit, les artistes demeurent sur place et leur créativité est mise en avant à la galerie Léopold Sédar Senghor qui abrite la bien nommée exposition/vente ‘Nawète’ (‘Hivernage’, en wolof). Le jeûne n'en réduit pas pour autant les plasticiens au chômage technique. Les sculpteurs-fondeurs sur bronze par exemple ont le cœur à l'ouvrage. Ils s'organisent juste autrement durant ce mois sacré. ‘Nous polissons les sculptures en finition ou nous créons des maquettes avec de la cire d'abeille. Mais le gros du travail qui se fait sur le bronze est effectué après la rupture. Il faut en effet faire fondre le métal et la chaleur du four est intenable, cumulée à la canicule et à la soif’, confie l'un d'entre eux. A cause du ramadan, beaucoup d'artistes différent leur travail et attendent le soir pour s'occuper du pain qu'ils ont sur la planche. De fait, plus qu'à l'accoutumée, les visiteurs peuvent s'immerger dans l'univers des plasticiens et courent moins le risque de perturber leur concentration. Car comme le concède ce peintre : ‘Je suis toujours disponible pour les visiteurs, c'est avec plaisir que j'échange avec eux, mais c'est vrai que quand je veux bosser, je m'enferme dans l'atelier.’
Interrogé sur ses méthodes de travail en cette période, ce céramiste explique ne pas changer sa grille horaire parce qu'il jeûne. Il dit ‘privilégier les créations abstraites’, car selon lui ‘la faim développe l'imaginaire’ et ‘les créations abstraites font plus appel à l’intuition et aux sentiments là où l’art figuratif sollicite beaucoup plus le sens de l'observation et la mémoire’. Le médiateur culturel du Village des Arts, M. Diop, se félicite du dynamisme qui prévaut auprès des pensionnaires du village et se réjouit de l'engouement croissant dont le public fait preuve à l'endroit des œuvres estampillées ‘V'Arts’. Pour lui le métier d'artiste n'est pas évident et ‘c'est formidable que des plasticiens puissent vivre de leur art’. Avisé, il prévient: ‘notre culture est le dernier bastion de notre identité. Nous devons travailler d'arrache-pied à la fortifier, et cela passe par la promotion de notre patrimoine artistique’.
Mohamed NDJIM (Stagiaire)

samedi 10 août 2013

L'ATELIER DU VERRE / SAINT RÉMY DE PROVENCE

DÉTAIL DE VITRAIL
Mélanie












BIJOUX DE L'ATELIER






LEUK le Lièvre et l'hyène.

Le repas de Leuk le lièvre et de l'hyène.

" Talin Talin".





L'hyène est dans la forêt et cherche des fagots pour cuisiner son repas. Le lièvre comme à son habitude est sorti de son terrier et se promène.


L'hyène le voyant inoccupé lui demande de l'aider. La réponse de Leuk le lièvre est claire et nette. C'est non car il est très fatigué et il ne peut pas faire d'effort.


L'hyène transporte alors ses fagots et se met à cuisiner.


Une fois le repas confectionné elle pose les plats sur la table.
 Avec un grand sourire elle dit à Leuk: Qui va m'aider à manger mon repas?


Content de cette proposition Leuk lui répond:


- Moi j'ai faim!


La réponse de l'hyène ne se fait pas attendre: Non, j'ai transporté mon bois toute seule donc je vais manger seule!





Talin corcodosse.
retranscrit et raconté par BINTA DIABANG
Collège de Kafountine/Diannah/Abéné



Atelier d'écriture et contes africains.

lundi 15 février 2010

Le Village des enfants aux pieds nus.

La terre rouge, chaude, soulevée en poussière par les innombrables véhicules est un tapis de jeu, les enfants bondissent sur les cailloux, les branches arrachées des arbres de la brousse, sur les épines des fromagers abattus et abandonnés en travers de la piste. Tard dans la nuit les pas se dessinent et marque le sol.
L'école terminée ils se sauvent et vont se plonger dans les trous d'eau de la brousse enchantée par les chants des oiseaux tropicaux et les cris des mammifères en fuite devant les chasseurs .
Un appel lointain du lamantin en quête de pitance.
Un griot centenaire rythme son chant et l' antique djembé palpite . Il est accroupi sous le baobab sacré, aveugle, ses yeux sont dirigés vers le soleil couchant. Un sourire sur son visage, sa voix est encore sonore et l'écho d'une kora lointaine lui revient.
Les enfants... pour certains le cul est nu, d'autres se roulent dans les talus et se cachent. Les plus hardis brandissent de bâtons en véritables enfants soldats.
Il faut rouler au pas, la piste est encombrée, l'enfant est dans son royaume et occupe le terrain au mépris de toute prudence.

vendredi 9 août 2013

HANÈNE BERRAÏANA , CHRISTOPHE, LE PETIT TOUR DU BONHEUR


CHRISTOPHE ET HANÈNE  BERRAÏANA .  LE PETIT TOUR DU BONHEUR 





17/08/2013 pour les rendez-vous chez RODO

POUILLY S/S CHARLIEU

mercredi 7 août 2013

Conte de N'MARIANA

Talin-Talin

C'était une jeune fille qui s'appelait N'Mariana. Elle était magicienne.
Chaque jour sa "maman"l'envoyait au marché pour chercher des légumes; elle en profitait pour rendre visite à son petit copain.
Un jour sa "maman" demanda à son frère de la suivre pour découvrir ses retards. A son retour il dit à sa "maman" que sa soeur N'Mariana se rendait toujours chez son petit ami.
Lorsque la jeune fille revint chez elle sa mère commença à la menacer de toute sorte.
Elle se fâcha non seulement contre sa famille mais aussi contre tout le village.
Pour manifester sa colère elle prit en otage toute la nourriture du village et se réfugia avec son butin à la cime d'un arbre.
Après deux jours de punition et de privation les villageois se rendirent sous l'arbre. Ils demandèrent pardon à N'Mariana pour avoir incité son frère à la dénonciation. Sa maman était la première du groupe à demander pardon.

Le groupe chantait:         " N'Mariana N'Mariana
                                      oh Kano Konko bé milla wolfà
                                      Kano windo bé milaa wolfa
                                      Kano hoo hoo ayéfadié
                                      Nbayénin Kano bialla Nfa Yéndaya Sibicanté
                                      faran-faran
                                                                                             faran-faran Sibicanté oh Kounfanounté Sibicanté
                                      oh mébé Santo".

Elle resta ferme dans sa décision malgré la chanson de sa mère.
Alors on fit venir son petit ami qui lui, chanta si bien et avec conviction que N'Mariana décida de descendre et distribua à chacun la nourriture qui lui était réservée.
Ce fut alors la fête au village.







TOMBE DE JEAN GENÊT

Une tombe sur l'étendue -pierre de lave-
noircissant le rouge de poussière
touffeur d'un après-midi flamboyant.

Tes mains
serrant le fruit juteux
rafraîchissant l'étreinte du soleil et là-bas une fois sur le sol d'Afrique
Abandonné
la mer
le bleu à l'horizon blanchit
et le silence autour de la pirogue
pointant son étrave vers la falaise
le clapotis
le sel sur ta bouche

ton corps en figure de proue
recevant la brise musquée du désert traversé.
Il est venu mourir s'étendre pour l'éternité
le lourd manteau de terre lui servant de linceul
la terre rouge pénétrant ses orifices
la pluie brouillant son regard et l'air chargé de cris d'oiseaux et de vents maritimes
en concert la nuit le jour
un tourbillon de vie dans ce lieu retiré au-dessus de la ville.
La ville qui la nuit n'en finit pas de s'illuminer et de cracher les flammes de ses incendies.
Il est venu mourir le poète sur cette falaise écarlate
il a creusé sa tombe en s'aidant de ses ongles
arraché les roches encore brûlantes au feu d'une lave visqueuse s'écoulant inexorablement du sexe ouvert d'un volcan cicatrice ancienne du premier  premier continent.

Il dort enfin et repose.

Flamme sort de son coeur et court la nuit sur le sol crevassé, chair millénaire, exposée avec par endroits une fleur une ronce un arbrisseau sec et cassant.

La vie est là dans ce berceau de terre invitant le promeneur à grimper sous le feu du soleil.
Parfois il s'arrête
mouvement lent de la tête projetée en arrière,
il s'abreuve au goulot d'une gourde de terre cuite.
La fraîcheur de l'eau calme ses lèvres sèches,irrigue le profond du corps,
le poète étendu frémit,
il a froid,
les étoiles montent haut dans le ciel.

Jusqu'au petit matin
jusqu'à la première prière,
les bédouins garderont la tombe en faisant crépiter le feu du bivouac.









ET COMME
ON FAIT DU VIN
QUE L'ON VERSE
AUX CALICES,
FAIS-LE SACRIFICE
DE TOUS
 TES RÊVES
VAINS
 
 
(Max ELSKAMP 1862-1931)

BLACK ODALISQUE/ LA MARE SÈCHE

A la période des pluies l'arbre immense plonge ses racines dans une mare d'eau saumâtre. Alors que le ciel laiteux déverse son trop plein de larmes les femmes viennent le soir plonger le linge des accouchées et frotter le tissu contre la roche prévue pour le lavage quotidien.

C'est aussi une pierre sacrée.

Une pierre contre laquelle elles frottent leur sexe pour entretenir leur désir
et appeler l'homme à la pleine lune.
La sécheresse vient.
Le ciel devient plus clair.
Le nuages disparaissent.
Le soleil réchauffe les plantes et les corps.
La mare se tarit.C'est le temps de la grande migration.
Le village au rythme des tambours à eau
Se dirige vers la plage.
On grille une vache
L'alcool de palme inonde les gosiers.
Les chants résonnent dans la nuit étoilée.
On retrouve un bras de mer dans lequel désormais se fera la lessive sacrée.


Au petit jour
on entendra de longs gémissements
entre les murs des cases de pisé.

La mare asséchée, pendant quelques mois suffocants, sera le terrain de jeux des enfants nés de ses bienfaits.


LA MARE SÈCHE

DIABOLOS

En lieu et place du bénitier, à l'entrée de l'église de Rennes le Château, ce diable nous accueille et nous convoque à l'office.
Quel office?
Les flammes de l'enfer, lèche les pieds du pénitent.
Une messe noire? Peut-être....