vendredi 9 août 2013

HANÈNE BERRAÏANA , CHRISTOPHE, LE PETIT TOUR DU BONHEUR


CHRISTOPHE ET HANÈNE  BERRAÏANA .  LE PETIT TOUR DU BONHEUR 





17/08/2013 pour les rendez-vous chez RODO

POUILLY S/S CHARLIEU

mercredi 7 août 2013

Conte de N'MARIANA

Talin-Talin

C'était une jeune fille qui s'appelait N'Mariana. Elle était magicienne.
Chaque jour sa "maman"l'envoyait au marché pour chercher des légumes; elle en profitait pour rendre visite à son petit copain.
Un jour sa "maman" demanda à son frère de la suivre pour découvrir ses retards. A son retour il dit à sa "maman" que sa soeur N'Mariana se rendait toujours chez son petit ami.
Lorsque la jeune fille revint chez elle sa mère commença à la menacer de toute sorte.
Elle se fâcha non seulement contre sa famille mais aussi contre tout le village.
Pour manifester sa colère elle prit en otage toute la nourriture du village et se réfugia avec son butin à la cime d'un arbre.
Après deux jours de punition et de privation les villageois se rendirent sous l'arbre. Ils demandèrent pardon à N'Mariana pour avoir incité son frère à la dénonciation. Sa maman était la première du groupe à demander pardon.

Le groupe chantait:         " N'Mariana N'Mariana
                                      oh Kano Konko bé milla wolfà
                                      Kano windo bé milaa wolfa
                                      Kano hoo hoo ayéfadié
                                      Nbayénin Kano bialla Nfa Yéndaya Sibicanté
                                      faran-faran
                                                                                             faran-faran Sibicanté oh Kounfanounté Sibicanté
                                      oh mébé Santo".

Elle resta ferme dans sa décision malgré la chanson de sa mère.
Alors on fit venir son petit ami qui lui, chanta si bien et avec conviction que N'Mariana décida de descendre et distribua à chacun la nourriture qui lui était réservée.
Ce fut alors la fête au village.







TOMBE DE JEAN GENÊT

Une tombe sur l'étendue -pierre de lave-
noircissant le rouge de poussière
touffeur d'un après-midi flamboyant.

Tes mains
serrant le fruit juteux
rafraîchissant l'étreinte du soleil et là-bas une fois sur le sol d'Afrique
Abandonné
la mer
le bleu à l'horizon blanchit
et le silence autour de la pirogue
pointant son étrave vers la falaise
le clapotis
le sel sur ta bouche

ton corps en figure de proue
recevant la brise musquée du désert traversé.
Il est venu mourir s'étendre pour l'éternité
le lourd manteau de terre lui servant de linceul
la terre rouge pénétrant ses orifices
la pluie brouillant son regard et l'air chargé de cris d'oiseaux et de vents maritimes
en concert la nuit le jour
un tourbillon de vie dans ce lieu retiré au-dessus de la ville.
La ville qui la nuit n'en finit pas de s'illuminer et de cracher les flammes de ses incendies.
Il est venu mourir le poète sur cette falaise écarlate
il a creusé sa tombe en s'aidant de ses ongles
arraché les roches encore brûlantes au feu d'une lave visqueuse s'écoulant inexorablement du sexe ouvert d'un volcan cicatrice ancienne du premier  premier continent.

Il dort enfin et repose.

Flamme sort de son coeur et court la nuit sur le sol crevassé, chair millénaire, exposée avec par endroits une fleur une ronce un arbrisseau sec et cassant.

La vie est là dans ce berceau de terre invitant le promeneur à grimper sous le feu du soleil.
Parfois il s'arrête
mouvement lent de la tête projetée en arrière,
il s'abreuve au goulot d'une gourde de terre cuite.
La fraîcheur de l'eau calme ses lèvres sèches,irrigue le profond du corps,
le poète étendu frémit,
il a froid,
les étoiles montent haut dans le ciel.

Jusqu'au petit matin
jusqu'à la première prière,
les bédouins garderont la tombe en faisant crépiter le feu du bivouac.









ET COMME
ON FAIT DU VIN
QUE L'ON VERSE
AUX CALICES,
FAIS-LE SACRIFICE
DE TOUS
 TES RÊVES
VAINS
 
 
(Max ELSKAMP 1862-1931)

BLACK ODALISQUE/ LA MARE SÈCHE

A la période des pluies l'arbre immense plonge ses racines dans une mare d'eau saumâtre. Alors que le ciel laiteux déverse son trop plein de larmes les femmes viennent le soir plonger le linge des accouchées et frotter le tissu contre la roche prévue pour le lavage quotidien.

C'est aussi une pierre sacrée.

Une pierre contre laquelle elles frottent leur sexe pour entretenir leur désir
et appeler l'homme à la pleine lune.
La sécheresse vient.
Le ciel devient plus clair.
Le nuages disparaissent.
Le soleil réchauffe les plantes et les corps.
La mare se tarit.C'est le temps de la grande migration.
Le village au rythme des tambours à eau
Se dirige vers la plage.
On grille une vache
L'alcool de palme inonde les gosiers.
Les chants résonnent dans la nuit étoilée.
On retrouve un bras de mer dans lequel désormais se fera la lessive sacrée.


Au petit jour
on entendra de longs gémissements
entre les murs des cases de pisé.

La mare asséchée, pendant quelques mois suffocants, sera le terrain de jeux des enfants nés de ses bienfaits.


LA MARE SÈCHE

DIABOLOS

En lieu et place du bénitier, à l'entrée de l'église de Rennes le Château, ce diable nous accueille et nous convoque à l'office.
Quel office?
Les flammes de l'enfer, lèche les pieds du pénitent.
Une messe noire? Peut-être....

samedi 3 août 2013

LA PROMENADE

LA PROMENADE
 
 
 
J’irai sur la pointe des pieds faire le tour des méandres de ton cœur,
me plonger dans les entrailles frémissantes de ton ventre rond de plaisir sans fin avec les gestes délicats d’une main de tisserand, pianoter les paupières humides, ta chevelure est celle d’une lionne,
les bijoux secrètement cachés invitent mes regards, la lune est pleine.
Les oiseaux de nuit chantent notre bonheur
Une chauve souris nous emporte vers les étoiles.
J’irai sur la pointe des pieds faire le tour des méandres de ton cœur.

©christiancazals

BUDDHA SOURIT À L'ENFANT

buddha



L’enfant nu de la Forêt.


Il aimait patauger
Du bout des pieds déplacer la vase
Troubler la limpidité de l’eau
Faire fuir les animalcules qui peuplaient la salade aquatique
Chevelure  des nymphes
Sous le regard lointain d’Ophélie.

Comme il disait
L’eau il aimait y mettre ses mains
La frapper car elle rejaillissait en mille gouttelettes
Mordorées dans la douceur du soleil filtré par les arbres immenses du domaine
Il lui semblait qu’elle donnait cette force

ET PUIS ELLE SENTAIT BON.

Il y avait de l’énergie
dans cet élément,
une énergie transmise à son petit corps de lutin
et qui montait en lui en fraîcheur bienfaisante.

Un peu plus haut
Dans l’amoncellement essoufflé des rochers : la cascade.
Maigre ruissellement de l’eau
Chuintement discret
Mais la puissance est là
La force de vie
Est apportée à cette mare
Et le cheminement de la vie jusqu’à l’évaporation,
Le déluge
Les fleuves qui parcourent le monde
Les immenses glaciers des montagnes élevées.

BUDDHA SOURIT A L’ENFANT.

Un buddha bienfaisant
Montre l’étendue du parc.

Le lieu énergétique de ce lieu de paix :
Un immense phallus de roche .


©cazalschristian2011




LA MARE AUX NYMPHES










vendredi 2 août 2013

ÉROTISME DE LA DÉSOLATION



L’ÉROTISME DE  LA DÉSOLATION

                                            «  Tout ce qui ne se consume pas pourrit »

Roger CAILLOIS



Les deux, Mishima et Gide,  eurent l’amère certitude d’être 
«  Forclos ».
Tous deux étaient les uniques objets d’une sollicitude féminine-la mère- étroitement refermé sur eux. Ils connurent une enfance valétudinaire, traversée d’un érotisme précoce.
Un érotisme solitaire et associé aux représentations les plus incongrues. La contention des corps, immobilisés par une surveillance trop peu relâchée, trouva sa revanche dans des écarts d’imagination non tempérés par la fréquentation d’un semblable.
À Mishima, comme à Gide enfant, fit défaut l’image de soi que l’on se forme à l’image d’un autre en qui l’on se reconnaît. (Le père). Ces enfants n’avaient pas leur pareil : c’est qu’ils n’avaient pas de semblables.
Objets d’un grand attachement, ce fut comme si leur avait fait défaut l’amour qui compare et, par là insère dans la communauté universelle et fraternelle.
Unique chacun était sans égal. Privé de rival.
MISHIMA
De ce défaut d’image prend source peut-être, ce qu’on appelle d’ordinaire le narcissisme des homosexuels.
En quête d’eux-mêmes. 

File:Gide 1893.jpg
André GIDE
                                                



jeudi 1 août 2013

Photo : Mon bijou d'amour !
Le beau cheval d' Hanène BERRAÏANA



Je profite de cette journée de calme et de détente pour vous présenter le cheval d'Hannène.





Jackson Browne

mercredi 31 juillet 2013

NORMALITÉ



NORMALITÉ

Elle me posa cette étrange question, à brûle pourpoint, dans un lieu étrange, elle était étrangement vêtue, j’étais étrangement vêtu, et je pensai : est-ce normal ?
Pour elle  qu’était la normalité ?
Peut-être un chemin que tout le monde doit suivre, des gestes qui ne sont pas ceux que tout le monde doit suivre, ceux qu’il est habituel de faire, à certaines heures, à certain moment de la journée ?
Il y a cent ans, deux cents ans, un, deux, trois siècles, qu’était la normalité pour une attitude actuelle ?
Enfin était-ce normal d’avoir ce discours avec elle il y a quatre siècles et dans un lieu semblable?
L’attitude que j’ai aujourd’hui n’est pas la mienne car je ne suis pas trop le chemin de tout un chacun.
Elle pense certainement que je ne suis pas dans la normalité. Et puis la normalité c’est ce que nous devons faire pour rester dans la norme

SINON,  HORS LIMITES, HORS NORMES.

Un regard poétique sur le monde et les hommes. Un regard fou, des yeux qui s’écarquillent, une ridule au coin des lèvres en forme de sourire. «  Vous n’êtes pas très obéissant » m’a-t-elle dit ou quelque chose de ce genre.
Je pense aussi que c’est vrai et pour une fois j’approuve.

JE SUIS DANS LA NORME.

Alors je suis parti dans un discours faux fuyant.
J’ai raconté une histoire de poisson-chat.
C’est vrai que le poisson-chat n’est pas un poisson NORMAL.

lundi 29 juillet 2013

DES AMIS ET DES LIVRES



« Des amis et des livres, ayez-en peu, mais bons. »  hurla le vieux libraire perché au sommet de son échelle et fouillant la dernière étagère, celle réservé aux adultes ; étrange morale bourgeoise. L’enfant peut toujours grimper et se moque de ces interdits. À la bonne heure ! Il fait fi de ces interdits.
Quant aux amis ?
Vive les saute-ruisseaux.
J’aimai les ballades au quartier latin, le Jardin du Luxembourg, les voiliers sur le grand bassin, les chèvres tirant la calèche des enfants, et surtout Guignol…
La librairie était proche et c’était le but de ma promenade.
Les amis : le vieux libraire et quelques clochards, on dirait maintenant S.D.F, LOGEANT sous le Pont Neuf.
Et puis à la nuit tomée, chanteuses et comédiens dans les cabarets de la Contrescarpe.




DES AMIS ET DES LIVRES, AYEZ- EN PEU, MAIS BONS .

J'ENLACE LE TRONC



J’enlace le tronc

Mon visage épouse la rugosité de l’écorce

L’œil perce jusqu’au cœur

L’arbre plus que centenaire

Il fut foudroyé

Plié par les tornades

Presque abattu.

Il saigne

Quand l’amour trace un cœur sur les écorces.

La bouche mord et je me repais.

JE GRIFFE ET LES ONGLES SAIGNENT.

Ma langue lèche le suc écoulé

De la fissure

De l’ouverture de la hache.



OUVERTURE PROFONDE.


©CHRISTIANCAZALS

dimanche 28 juillet 2013

Il était important que je souffre pour connaître ensuite cette rage de dire les choses.

Claire Castillon