mardi 11 septembre 2012

LES PETITS MATINS

Les petits matins sont frais.
Presque froids.
La nuit desserre son emprise
chante le chardonneret
une grive se querelle
se cache le rouge gorge
Les ange prennent leur essor, une poussière lumineuse,
les étoiles pâlissent,
la lune met un masque,
les lèvres des amants se séparent
leurs corps épuisés par les ébats nocturnes
se détachent,
leur chant est silencieux
des larmes
la jouissance du petit matin.

Le cavalier solitaire
parcourt une lande de bruyère
la rosée
l'étalon noir, luisant,
le sexe tendu
la mousse rosée sous le cuir de la selle.

Le hennissement du mâle.

mercredi 5 septembre 2012

Fête de l'Humanité

les  14,15,16 Septembre

PATTI SMITH en conct.










CHŒUR DU DÉSERT



Dans le riche chœur nocturne, choyé
sous sa tente de diamants, minuscules
comme des yeux de moustique, un étranger pleure
la brièveté de la pluie dans le désert,
larmes d'un ennemi momifié.

Le soleil va bientôt paraître au-dessus de la Libye.
Quelle importance? Nous avons bombardé
Benghazi. Une ogive aveugle a frappé
le campement de notre ennemi à terre
mais en vie, regard blanc cerné de noir.
On l'a entendu pleurer dans le désert
bras désormais orphelins
d'un petit enfant empaqueté dans un sac en toile.
Pour quel objectif?
La palme d'or des redditions?

Le soleil montera dans le ciel. Quelle importance?
Poète scellé dans sa peau dénudée, éclatée.
Voleur en fuite c'est Jean Genet
Égaré dans la trame posée par terre
bras en torche spiralant dans toute la longueur
de la toile moustiquaire, pointe d'onyx
ses yeux clignant au-dessus de la porte d'un hôtel
une étoile de Paris, indifférent à ce salaud
de ramenard de fils de pute.
Comment son âme sera-t-elle rachetée
sinon par la souffrance d'une petite fille?

L'aube crève son cœur blindé
exhibe son amour pour toutes les choses.
Hana Kadafi, petite fille des fleurs,
conduis-le au-delà du seuil de la violence
où ses merveilleuses portes l'attendent,
Sa prison, château de cartes
s'écroulent en colonnes de roses--
guirlande pour ta tête.
Que tes cendres l'oignent.
Il magnifiera ton nom.
Mains d'opale te rassemblant
dans ta traîne de mariée.

PATTI SMITH

lundi 3 septembre 2012

L'enfant et le portail.



Tôt le matin, le coq venait de chanter, l'enfant avait ressenti le désir de quitter la maison, d'aller à l'aventure et de rejoindre les troupeaux dans les pâturages des montagnes qui se dressaient au loin.
Elle s'habilla sommairement, passa ses mains dans les cheveux qu'elle avait court. Son visage était volontaire, encore ensommeillé. Mais son désir était le plus fort.
Elle pensait que le loup, hurlant la nuit dans la forêt n'était plus aux aguets. Pendant les mois d'été il avait été pourchassé et les chasseurs l'avait poussé à émigrer très loin, de quitter cette région devenue inhospitalière.
Il y avait des chants d'oiseaux, le bruissement léger des feuilles, le froid du petit matin la piquait aux jambes qu'elle avait potelées, mais solides et fortes.
Elle marcha une partie de la matinée pour aller dans le champ aux chèvres pour s'abreuver à leurs pies gorgés de lait tiède.
Une marche décidée sur le chemin caillouteux. Elle approchait du torrent enjambé par le petit pont métallique, passerelle construite au début du siècle.
Le pont était fermé par une barrière aux barreaux transversaux, mais qu'il suffisait de pousser pour l'ouvrir et laisser passer les troupeaux.
Elle s'approcha, poussa la barrière, mais une forte résistance empêcha l'ouverture du chemin et l'enfant demeura étonnée devant ce phénomène.
Les bras ballants elle regarda au loin. Elle écoutait le bêlement des chèvres.

(la photo de cette enfant est très belle et nous interroge. Se dégage de cette photo une pensée philosophique profonde. Pour des raisons personnelles je ne peux pas vous la montrer. Peut-être un jour allez vous rencontrer l'auteur)

AMNESIA

 


Dead Can Dance  AMNÉSIA


dimanche 2 septembre 2012

LA TRAPEZISTE. Conception CATIE CAZALS

LA TRAPÉZISTE




La Trapéziste est un objet de récupération, l'étoile vitrail est de Mélanie, atelier de verre soufflé, à Saint Rémy de Provence aux Lieux Garance, C.CAZALS. La conception de cet assemblage est de Catie CAZALS.
 




Corps gisant à Mykonos. Crime en haute mer.

L'écume blanche immaculée
et les filaments de bave jaune irisés de larmes sanguinolentes le corps sans vie de la rose échouée,
lacérée, ouverte dans l'acharnement amoureux,
suppliciée en haute mer,
écartèlement des membres abandonnés,
plaques violacées tissus martyrisés senteurs des algues marines dispersées.
Les pétales dispersés sont les ailes d'un ange sombre.
Une étrange musique sur le rythme du ressac le sang mêlé au liquide nacré des jouissances antérieures.
Le soleil inonde la plage, illumine la rose flétrie.

jeudi 30 août 2012

  Vanité... tout est vanité et poursuite du vent.

Écclésiaste 2



LE REGARD DU LOUP CROISE CELUI DE L'ANGE




LE REGARD DU LOUP CROISE CELUI DE L'ANGE



 
Il est sorti de sa tanière, le loup garou parcourt la lande battue par le vent, sa gueule ruisselle de bave et le gel s'accroche à ses babines sauvages. Son regard est un fer de lance, lumineux dans la nuit de gel et de bourrasques. Le berger est aux aguets et la dague de défense est prête à être dégainée.
Pourtant un chant enveloppe les animaux des combats de pleine lune.
Un chant profond et mystérieux, le temps passe.
L'ange et la fée s'étreignent et c'est un couple d'amour qui berce la lutte en gestation du loup et de l'agneau.

©christian cazals( ( texte et collage )

mercredi 29 août 2012

L' amour c'est donner ce qu'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas.

                                                                      J. LACAN

LA PROMENADE

J'irai sur la pointe des pieds faire le tour des méandres de ton cœur,
me plonger dans les entrailles frémissantes de ton ventre rond de plaisir sans fin avec les gestes délicats d'une main de tisserand, pianoter les paupières humides, ta chevelure est celle d'une lionne,
les bijoux secrètement cachés invitent mes regards, la lune est pleine.
Les oiseaux de nuit chantent notre bonheur
Une chauve souris nous emporte vers les étoiles.
J'irai sur la pointe des pieds faire le tour des méandres de ton cœur.

©boucherif




LE CHAT

Agnès Balaÿ  ( Atelier St Montan )  Huile sur Papier



LE CHAT  ( Ch. Baudelaire )


Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux;
         Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
         Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
         Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
          De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
          Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
           Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
           Nagent autour de son corps brun.  
      

lundi 27 août 2012

<< Caustique? Vous voulez dire: méchant? Oui, je suis un peu méchant, dit Settembrini. Mon regret, c'est que je sois obligé de gaspiller ma méchanceté à des  sujets aussi misérables. J'espère que vous n'avez rien contre la méchanceté mon cher ingénieur. A mon sens, c'est l'arme la plus étincelante de la raison contre les puissances des ténèbres et de la laideur. La méchanceté, monsieur, est l'esprit de la critique, et la critique est à l'origine du progrès et des lumières de la civilisation.>>

THOMAS MANN    " La Montagne Magique"

dimanche 26 août 2012

Pour Bright Moment

En hommage à son travail: " LES SEPT DORMANTS "

L'ENLACEMENT

J'enlace le tronc

Mon visage épouse la rugosité de l'écorce

Se griffe

Saigne
NÉ D'UN ENLACEMENT

le visage les lèvres la langue,

lécher le suc écoulé de la fissure profonde

ouverte par la luisance de la hache,

et le gel ronge la cicatrice.

Mes oreilles bourdonnent, on dirait un chant de basse continue, par instant le chant d'un oiseau,

un craquement me déchire à l'intérieur,

le regard se brouille,

lassitude dans l'effort

bruine du matin.

Une faible luminosité.

J'enlace le tronc et mon visage se pose sur le bois humide.

J'écoute vivre l'arbre et lui transmet les secrets de mon cœur.

Alors je pousse la porte.

Elle m'attend, son visage s'ouvre, ses lèvres chantent.

vendredi 24 août 2012

NOTRE MONDE. Triptyque de STEEVE

NOTRE MONDE  -  STEEVE  Peintre Marseillais

NOTRE MONDE

by *boucherif
      
      Une rencontre fortuite au bistrot des Arts de la Cité Provençale de Saint Rémy de Provence.
      Steeve et Peter. Deux déjantés. Chargés au max. Parlant avec volubilité de la Clinique Saint Paul un des séjours de Vincent.
      Et Steeve le plus bavard, originaire de Marseille me parle de son triptyque que nous appellerons Notre Monde.
      Il me demande avec autorité de présenter cette œuvre dans notre galerie "Les Lieux Garance".
      Ce travail de jeune peintre nous le présenterons tout un été, avec ses défauts d'Atelier mais aussi avec ses passions que de nombreux visiteurs apprécient.
      Cette œuvre est présentée avec un fond musical qui nous emporte dans un autre monde, étrange et mystique. La musique est de Philip Glass.
      Nous ne sommes pas loin du regard du sourd.
      En alternance était présentée la réalisation du sculpteur Peter.
      Les images de certaines de ses sculptures seront présentées ultérieurement.
      
      ©boucherif