jeudi 27 septembre 2012

LE JARDIN MALADE




LE JARDIN MALADE


Et puis il y a des fleurs étranges
Des noires
Des rouges sombres
Elles ont des tiges démesurées
Des épines sanglantes
Elles ploient sous le poids du calice.

Une musique dans ce jardin
Et des oiseux étranges
Le bec luisant.
Prêts à déchirer la chair de celui qui s'approche de trop près.


©boucherif

LES YEUX FERMÉS ELLE DIT



Les yeux fermés elle dit

*

Gratter la guitare
Larmes glissant sur les joues.
Chanter une nuit fraîche.

*

La cendre du corps
Les nymphes se dévoilent
Orage et lointain.

*

Une grenouille
Aventureux serpent d'eau
Larme matinale

*

mercredi 26 septembre 2012

LA ROUTE DES CHEVRIERS



La route des chevriers


Les sentiers de pierres broyées
Vestiges des cataclysmes et des
Éruptions millénaires sont
Cloisonnés de murets de pierres sèches.

La marche circulaire
Les plongées dans l’eau turquoise
A la nuit tombée, les étreintes au sommet de la falaise.
Les mains prennent le chemin doux et musical
Des creux, des sphères, des replis soyeux,
Des ouvertures
Et des chœurs angéliques.

Jusqu’au cœur, les narines frémissantes
Et les effluves de musc et d’ambre,
De chèvrefeuille sur la blancheur immaculée
D’un ventre,
La caresse d’une flûte dans l’oreille attentive aux gémissements.

Des larmes.

La route des chevriers passe en lacets au plus haut de l’île, plonge dans les ravins envahis de broussaille.

La route des chevriers est sans limites.

 
©boucherif



mardi 25 septembre 2012

LA LUNE AU DÉSERT
Le chant du désert se répercute dans l'enfilade des dunes
Le chant du désert m'emporte dans un souffle glacé
Le chant du désert recouvre le pas du chamelier
Le chant du désert accompagne la plainte d'une chamelle en gésine

Des frissons parcourent mon corps
Le vent de sable brouille mon regard.

Un rayon de lune me fait découvrir celle qui enchante mes nuits
Un rayon de lune découpe le firmament
Un rayon de lune et le désir d'une étreinte
Un rayon de lune la caravane étendue au creux de l'oued.

Des frissons, un regard, le désir de l'Autre. Son visage et ses larmes.

Son cœur en jouissance.

©boucherif

HANÈNE. Le petit Tour du Bonheur

HANÈNE.


Accompagnée d'un musicien Hanène chante et nous emporte dans un duo plein de sensibilité et d'humour.


LE PETIT TOUR DU BONHEUR

 HANÈNE
 

samedi 22 septembre 2012

LE BLEU 2

BLEU 2





Je ne sais comment faire pour que mon cœur batte
Je ne sais comment faire pour que ton cœur batte
Impose le silence dans mon cerveau bousculé
Je ne sais comment faire pour...

Peut-être la page blanche?

Enfin le Bleu.

Des larmes en perles de cristal.

Alors elle déplia son corps
qu'elle avait en merveilleuse plante.
Le froid de la nuit
accentuait la rigidité de ses formes,
le petit matin
un bleu profond
laissait la pleine lune inonder la couche
la moustiquaire voletait
et
le cri effrayé des oiseaux migrateurs ponctuait le ressac.

Elle sentit la douceur d'une main.
Un souffle.



mardi 18 septembre 2012

ROUGE

RED 1
RED



Rouge

Se dégage

La chaleur

celle d'une couleur

et se répand en brume parfumée

en geste et posture féminine,

une danse

sur un tapis de couleur chaude.

Le rouge se dégage.

Le rouge est là.

Présent.

Palpable.

Un rouge au corps.

Je m'étend dans le rouge

et en jouit...

dimanche 16 septembre 2012

Ô CAPITAINE! MON CAPITAINE!

Ô Capitaine ! mon Capitaine ! fini notre effrayant voyage,
Le bateau a tous écueils franchis, le prix que nous quêtions est gagné,
Proche est le port, j'entends les cloches, tout le monde qui exulte,
En suivant des yeux la ferme carène, l'audacieux et farouche navire ;

Mais ô cœur ! cœur ! cœur !

Oh ! les gouttes rouges qui lentement tombent
Sur le pont où gît mon Capitaine,
Étendu mort et glacé.

Ô Capitaine ! mon Capitaine ! lève-toi et entends les cloches !

Lève-toi - c'est pour toi le drapeau hissé - pour toi le clairon vibrant,
Pour toi bouquets et couronnes enrubannés - pour toi les rives noires de monde,
Toi qu'appelle leur masse mouvante aux faces ardentes tournées vers toi ;

Tiens, Capitaine ! père chéri !

Je passe mon bras sous ta tête !
C'est quelque rêve que sur le pont,
Tu es étendu mort et glacé.

Mon Capitaine ne répond pas, pâles et immobiles sont ses lèvres,

Mon père ne sent pas mon bras, il n'a ni pulsation ni vouloir,
Le bateau sain et sauf est à l'ancre, sa traversée conclue et finie,
De l'effrayant voyage le bateau rentre vainqueur, but gagné ;

Ô rives, Exultez, et sonnez, ô cloches !

Mais moi d'un pas accablé,
Je foule le pont où gît mon Capitaine,
Étendu mort et glacé.


Walt  Whitman.

( En réponse à un commentaire lu dans un blog

samedi 15 septembre 2012

POUR UN ANGE OBSTINÉ

IL bondit
les jambes circonflexes - respiration précipitée -
battement d'un cœur qui se donne et reprend dans un transport fusionnel,
larmes et regard troublé,
Élytres des cigales
frottées inlassablement.


CHANT D'UN ÉTÉ INSOUCIANT.

J'assiste à l'arrachement des chairs,
Enveloppe de l'os fragile du corps déformé.

Une légère brise agite les palmes et les branches du cèdre du Liban:
alors le babil de l'enfant,
son jacassement
dans les bras de la mère nourricière.

Et moi: Désir d'une respiration à pleins poumons.
Le chant de l'insecte paresseux a cessé.
Peut-être trop de bruit dans les allées forestières.

Calme. Repos. 




(jardin Hal St ÉLOY. 14/07/2007. 17h25)
Cèdre du Liban.  Hal St ÉLOI ( Montpellier)




vendredi 14 septembre 2012

VISIONS D'AFRIQUE



Visions d'Afrique.


L'immense forêt de bananiers cache le ruisseau et l'oiseau de feu aux ailes phosphorescentes étire ses ailes en les lissant dans un mouvement gracieux de la tête et du cou. La lune se couche et le soleil monte à l'horizon. Un rouge feu envahit le lointain qui devient le lieu d'une méditation profonde, la réflexion quotidienne des travailleurs de la terre, celle aussi du griot qui psalmodie et distribue aux malades les herbes médicinales.
J'ai vu une femme vêtue d'un boubou de couleur sombre marcher dans la rizière. Les pieds s'enfonçaient et le sol ainsi labouré donnait naissance aux jeunes pousses du riz qui serait l'alimentation quotidienne du village.

mercredi 12 septembre 2012

JÉRUSALEM de Michel VAN HAMME

JÉRUSALEM  de Michel  VAN  HAMME




JÉRUSALEM




Il vient de replier son message
Verse quelques larmes
Murmure des mots que je n'entend pas
Vient de baiser le papier replié
Le glisse dans une anfractuosité du mur.

Son regard plonge au cœur de la muraille.
Il prie.

Jusqu'à la nuit
Les fissures de la muraille,
Soutènement du temple,
Recevront les plaintes
Et les demandes.

Les larmes s'écouleront le long de la barbe en boucle.

Le Mur... Réceptacle.
Cœur de la pensée.

*


©boucherif 




LE MUR

mardi 11 septembre 2012

LES PETITS MATINS

Les petits matins sont frais.
Presque froids.
La nuit desserre son emprise
chante le chardonneret
une grive se querelle
se cache le rouge gorge
Les ange prennent leur essor, une poussière lumineuse,
les étoiles pâlissent,
la lune met un masque,
les lèvres des amants se séparent
leurs corps épuisés par les ébats nocturnes
se détachent,
leur chant est silencieux
des larmes
la jouissance du petit matin.

Le cavalier solitaire
parcourt une lande de bruyère
la rosée
l'étalon noir, luisant,
le sexe tendu
la mousse rosée sous le cuir de la selle.

Le hennissement du mâle.

mercredi 5 septembre 2012

Fête de l'Humanité

les  14,15,16 Septembre

PATTI SMITH en conct.










CHŒUR DU DÉSERT



Dans le riche chœur nocturne, choyé
sous sa tente de diamants, minuscules
comme des yeux de moustique, un étranger pleure
la brièveté de la pluie dans le désert,
larmes d'un ennemi momifié.

Le soleil va bientôt paraître au-dessus de la Libye.
Quelle importance? Nous avons bombardé
Benghazi. Une ogive aveugle a frappé
le campement de notre ennemi à terre
mais en vie, regard blanc cerné de noir.
On l'a entendu pleurer dans le désert
bras désormais orphelins
d'un petit enfant empaqueté dans un sac en toile.
Pour quel objectif?
La palme d'or des redditions?

Le soleil montera dans le ciel. Quelle importance?
Poète scellé dans sa peau dénudée, éclatée.
Voleur en fuite c'est Jean Genet
Égaré dans la trame posée par terre
bras en torche spiralant dans toute la longueur
de la toile moustiquaire, pointe d'onyx
ses yeux clignant au-dessus de la porte d'un hôtel
une étoile de Paris, indifférent à ce salaud
de ramenard de fils de pute.
Comment son âme sera-t-elle rachetée
sinon par la souffrance d'une petite fille?

L'aube crève son cœur blindé
exhibe son amour pour toutes les choses.
Hana Kadafi, petite fille des fleurs,
conduis-le au-delà du seuil de la violence
où ses merveilleuses portes l'attendent,
Sa prison, château de cartes
s'écroulent en colonnes de roses--
guirlande pour ta tête.
Que tes cendres l'oignent.
Il magnifiera ton nom.
Mains d'opale te rassemblant
dans ta traîne de mariée.

PATTI SMITH

lundi 3 septembre 2012

L'enfant et le portail.



Tôt le matin, le coq venait de chanter, l'enfant avait ressenti le désir de quitter la maison, d'aller à l'aventure et de rejoindre les troupeaux dans les pâturages des montagnes qui se dressaient au loin.
Elle s'habilla sommairement, passa ses mains dans les cheveux qu'elle avait court. Son visage était volontaire, encore ensommeillé. Mais son désir était le plus fort.
Elle pensait que le loup, hurlant la nuit dans la forêt n'était plus aux aguets. Pendant les mois d'été il avait été pourchassé et les chasseurs l'avait poussé à émigrer très loin, de quitter cette région devenue inhospitalière.
Il y avait des chants d'oiseaux, le bruissement léger des feuilles, le froid du petit matin la piquait aux jambes qu'elle avait potelées, mais solides et fortes.
Elle marcha une partie de la matinée pour aller dans le champ aux chèvres pour s'abreuver à leurs pies gorgés de lait tiède.
Une marche décidée sur le chemin caillouteux. Elle approchait du torrent enjambé par le petit pont métallique, passerelle construite au début du siècle.
Le pont était fermé par une barrière aux barreaux transversaux, mais qu'il suffisait de pousser pour l'ouvrir et laisser passer les troupeaux.
Elle s'approcha, poussa la barrière, mais une forte résistance empêcha l'ouverture du chemin et l'enfant demeura étonnée devant ce phénomène.
Les bras ballants elle regarda au loin. Elle écoutait le bêlement des chèvres.

(la photo de cette enfant est très belle et nous interroge. Se dégage de cette photo une pensée philosophique profonde. Pour des raisons personnelles je ne peux pas vous la montrer. Peut-être un jour allez vous rencontrer l'auteur)

AMNESIA

 


Dead Can Dance  AMNÉSIA