mercredi 8 octobre 2014

DANS LE CADRE DU FESTIVAL
LES LITTORALES
« HISTOIRES EN SERIES »
DU 7 AU 12 OCTOBRE

 
SÉRIE ET VARIATIONS SUR LE MOTIF, 1
JOERG ORTNER
THOLOS
Donation Anne Frélaut-Ortner
Vernissage de l'exposition
en présence de

Jean Daive

mercredi 8 octobre 2014
à 18h30


















Joerg Ortner est né en Autriche en 1940, et décédé en 2011. Installé à Paris dès 1961, il est un des graveurs les plus talentueux de sa génération. Les séries I à IX de gravures intitulées Tholos regroupent plusieurs états d'un même motif : mur, portique, cyprès, feuillage, nuages, chemin… « Une seule planche par exemple peut être gravée cinq fois et donner cinq états d’une image initiale dont le négatif agit comme fiction. C’est l’histoire de Tholos. Il ne se vit pas en tant que corps, mais en tant que cendres. Il est une famille. Il est cendres de cette famille. Et il lui faut un lieu. Un lieu de repos qui recueille les cendres. Il choisit la tholos, temple en forme de rotonde, à toit conique et à colonnes. La tholos marque le passage du minéral au végétal, marque un rapport à l’absence, un rapport à l’air. L’air entre les colonnes. Et la colonne est un multiple, comme l’état est un multiple ».
 




mardi 7 octobre 2014

LE DÉSERT J.M.G LE CLÉZIO

Saguiet el Hamra, Hiver 1909-1910


Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient. Lentement ils sont descendus dans la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête de la caravane, il y avait les hommes enveloppés dans leurs manteaux de laines, leurs visages masqués par le voile bleu. Avec eux marchaient deux ou trois dromadaires, puis les chèvres et les moutons harcelés par les jeunes garçons. Les femmes fermaient la marche. C'étaient des silhouettes alourdies, encombrées par les lourds manteaux, et la peau de leurs bras et de leurs fronts semblait encore plus sombre dans les voiles d'indigo.

Ils marchaient sans bruit dans le sable, lentement, sans regarder où ils allaient.




dimanche 5 octobre 2014

Le Gros Sel

Le Gros sel


Mon parcours est jalonné de sachets de gros sel.
au seuil de la maison
sur les marches d’escaliers,
aux pieds du lit
la cave est protégée,

les combles...
savoir ce qui en moi
vibre.

me disent des esprits de la forêt
les sylphes
l'air les transporte.



POÉTIQUE DE L'OBJET. MICHAEL JACOB Critique de Eric LORET

Le banc, maître de céans
L'OBJET




On a beaucoup parlé de la promenade en littérature, comment elle aide à penser, à oublier, comment elle troue des travellings dans la réalité. Rousseau, philosophe ambulatoire. On a beaucoup moins étudié le banc, contrepoint obligé de toute marche. C’est le bouton pause de la caméra, mais aussi un lit, une île, un habitat (les clochards à qui l’on a supprimé tous les bancs du métro parisien en savent quelque chose). C’est un trait d’union, à cause des célèbres amoureux des bancs publics de Brassens, mais aussi dans Bouvard et Pécuchet, que Flaubert présente ainsi à l’orée du roman, avant de les transformer en chapeaux vides : «Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s’assirent à la même minute, sur le même banc.»
Michael Jakob, qui a la double casquette de professeur de théorie du paysage et de littérature comparée, n’a pas pour propos cependant d’examiner à la loupe tous les bancs de la littérature ou de la peinture (rien sur «le banc d’Argenson» à l’incipit duNeveu de Rameau de Diderot, par exemple). Mais toutes ses fonctions, oui. A quoi sert un banc?

Eric Loret (Libération)

vendredi 3 octobre 2014

La glèbe


et le serf attaché
arpenter les sillons
des cultures
les pieds dans la glèbe
mes pensées et le soc de la charrue.

Notre glèbe
depuis des millénaires.
retournée.

La glèbe s'ouvrira
 dit l'homme chenu
il tient le bâton du pèlerin.

et prolonger sa marche
dans les grandes prairies labourées.
s'approche d'un lieu surmonté
de ronces,
prend la pelle qu'il porte sur le dos,
et se met à creuser
la terre,
un fossoyeur car il va déposer ce qui reste d'un voyageur
découvert,
étendu dans un sillon,
peut-être aussi les cendres
récoltées dans un bûcher.

*

LE NORD




VINCENT BALAY

mercredi 1 octobre 2014

ÉCRITS à la main de Michel ONDAATJE / Enterrés



Pour être enterrés en temps de guerre,
par un climat rigoureux, dans la mousson
des couteaux et des pieux.

Les dieux de pierre et de bronze emportés
durant une pause nocturne des combats
entre les camps endormis
passaient dans les pirogues le long de la côte
devant Kalutara.
                          Pour être enterrés

en sécurité.

Pour enterrer, entourées de flammes,
de massives têtes de pierre
durant les crues de la nuit.
Traînées hors d'un temple
par leurs propres prêtres,
hissées hors des palanquins,
recouvertes de boue et de paille.
Renonçant au sacré
entre eux,
par temps de crise politique
emportant dans leurs bras
la foi d'un temple.Pour cacher
les gestes du Boudha.
Au-dessus du sol, du massacre et des guerres raciales.
Un cœur réduit au silence.
La langue arrachée.
Le corps humain fusionnant avec un pneu enflammé.
La boue furieuse
qui regarde.

            * 

mardi 30 septembre 2014

CONCERT/ LA GARDE ADHÉMAR

Images intégrées 3
Images intégrées 2
FESTIVAL DU COURT MÉTRAGE

C.ipm . REVUE GRUMEAUX

LA REVUE GRUMEAUX
MANIFESTATION
vendredi 3 octobre 2014
à 19h00
Présentation
Yoann Thommerel

REVUE GRUMEAUX



C.ipm

Transit, le roman d'Anna Seghers et divers textes de Walter Benjamin - c'est en allemand que furent écrites quelques unes des plus belles pages sur Marseille, au siècle dernier, à l'époque du pont transbordeur. Un allemand de voyageurs et d'exilés, une langue libre, une langue séduite et accélérée par les rues de la ville qui s'ouvrait sous leurs pas. À la lecture d'extraits de ces textes s'ajoutera la lecture d'un texte « en forme de poème » dans lequel je reviens sur mon rapport à l'Allemagne - du moins à cette Allemagne-là.
Jean-Christophe Bailly
In ' ' ' Le Cahier du Refuge ' ' ' 233


COPIE VÉGÉTALE

SHALIMAR



Copie végétale de SHALIMAR le chat d'Agnès, une des filles rouges qui chantent, dansent, jouent de l'accordéon ou
du tambourin.

lundi 29 septembre 2014




Pauvert, Sade vitam æternam
J.J PAUVERT- MORT D'UN FRANC TIREUR


Il n'est jamais inutile de dire ce qu'on pense

DOULEUR PARTAGÉE

la douleur me partage

                                      ronge

chante dans une plainte chaque fibre de moi – même

la douleur me déchire et parcourt de bas en haut

a l’intérieur

au creux

ouvre en éclair

le sexe

le ventre

et le thorax décharné

enserre la gorge

bouche d’ombre écartelée _ hurlement_ écartèlement

des cordes.

celles d’une harpe, de la guitare flamenca.


INSONDABLE


                  .      départ définitif d’une vie corsetée.