jeudi 8 janvier 2015

L' ombre, la maladie,souffrir,
Se battre

*
La terre est bouleversée par les cris,
les gestes extatiques les chevelures arrachées
le sang répandu.
Ombre sur le glacis.
la forteresse rouge
de briques ajourées.
La nuit s'étend sur la terre sèche.

Alors j'a bouclé mon sac....SPIRITUELLE COURSE EN MONTAGNE

Alors j'ai bouclé mon sac,
de toile grise en tissu grossier,
un sac de chasseur avec un filet extérieur pour mettre le gibier,
des taches éparpillées, 
certainement du sang,
j'ai mis le sac en bandoulière,
la sangle sur la poitrine,
et suis parti dans la garrigue,
je grimpai à flanc de montagne,
il y avait du brouillard,
l'humidité glissait en fines gouttelettes
sur les sourcils,
pénétrait la barbe et la chevelure,
le sommet était éloigné,
les choucas tournoyaient et leur cri strident se répercutait sur les sommets,
les combes et les vallons enneigés.

*

Les chèvres sauvages s'enfuyaient et bondissaient de roche en roche,
foulaient le tapis de genêts,
j'avançai et grimpai vers les hauteurs,
un appel, un chant féminin,  devenait de plus en plus ardu.
Il faisait froid maintenant.
Le soleil perçait les nuages.
Un vent froid battait le visage.
Des larmes le long des joues.



©christiancazals

lundi 5 janvier 2015

LA SALLE D'ATTENTE

TEXTE: La salle d'attente.
Chaulée de blanc. Petites affiches sur les murs. Vous buvez trop d'alcool!!! Vous fumez trop. Cigares et nuages de fumée. Et les produits illicites!! STOP!
Vitrines coulissantes. Évier, poubelle;
Écrit sur la porte vitrée opaque: Attente brancards.
Et puis geste technique. Hommes & femmes en vert. le calme dans le déplacement et la couleur.
Le patient, étendu, fixe un plafond immaculé.
Sonde, anesthésie, orifice pénétré.
Puis la salle de réveil. 


Musique, paroles dispersées.

Approche....
cristiandelascasas  Editeur

mercredi 31 décembre 2014

CYGNE NOIR / CE QUI GERME EN MOI

CE QUI GERME EN MOI



Cygne NOIR
Toi
Ton regard.

Un cygne noir glisse sur le lac.
Sensualité du mouvement.




CYGNE


Immaculé du cygne, densité ouatée de ses ailes,
 Chant de ton cœur.
Et longueur de tes bras.
Chaleur.
Joie.
Caresse.

Immaculé du cygne, densité ouatée de ses ailes.
Froideur de la neige
Pureté d’une robe, du sentiment,
Pureté  blanche
Et calme du velours,
Les replis d’une robe de soie noire, sa douceur.
Glissement, et chute sur le parquet ciré
De la chambre close.


L’alcôve saigne. 

lundi 29 décembre 2014

LA BATAILLE DE FONTENOY/ Gisèle PRASSINOS

De petites fleurs nageaient dans le sang des vaincus.
Elles s'épanouissaient au contact du liquide frais qui coulait en faisant pencher l'herbe.
Notre général était assis adossé à un canon. Il comptait les doigts qui lui restaient et pensait qu'en cas de famine personne ne pourrait repousser ces ouvreurs de gloire. Ses moustaches, dégouttantes de la rosée du matin commençaient à boucler en se séchant. Le vent,qui soufflait assez fort, attrapait en passant quelques poils trop longs, leur donnant un air d'oiseau inspecteur,  de ceux qui viennent à la fin des combats.
Derrière un bosquet de génévriers, un cheval chantait à voix basse. La tête coiffée d'un culot d'obus il croyait jouer la comédie et prenait le vol des oiseaux inspecteurs pour les rires de ses camarades.
Nous étions couchés, avec de l'herbe et toutes sortes de débris dans la bouche. Il plut tant après la bataille que, gonflés à point, nous nous envolâmes vers les nuages, emportant notre général mort que nous couvrîmes de ses moustaches.

Gisèle PRASSINOS

Gisèle PRASSINOS

Gisèle PRASSINOS, née en 1920 à Istambul, française par son père Grec et par sa mère italienne. Elle est poétesse, romancière, peintre et novelliste. Sœur du peintre Mario Prassinos.
Entre autres écrits on note: "Le ciel et la terre se marient" 

L'ACANTHE

L'acanthe, feuille de rose rouge née de la pâmoison d'une colombe
chant de l''oiseau apeuré
blotti dans la pierre creuse du rempart
cris vengeurs des aigles à la cime des arbres alentours
l''heure crépusculaire
le moment de tous les dangers
des forces occultes en route pour une guerre éternelle
les centaures se dressent les uns contre les autres
les blancs et les noirs
les rouges feu et les gris pommelés
Un déluge de bombes
Des fissures pestilentielles
Les gaz pétrifient les corps
dans les encoignures des terrasses des maisons de village
l''acier surchauffé par la vitesse
le passage entre les nuages
white birds on my hair
et leur bec cramoisi
the small dust road is slippery
this is war and my heart bleeds.
C'est la guerre et mon cœur saigne.
Un portillon de bois rafistolé,
le bas du chemin,
lechant des cigales
and the sun on my face
I'm cold
J'ai la main droite sur mon flanc douloureux.
Elle est rouge du sang écoulé de mon corps.
           

dimanche 28 décembre 2014

LA PIERRE ROULÉE



La Pierre roulée



Sur les flancs de l’herbe des montagnes le torrent en fracas roule les pierres rondes

            Elle va dans les ronces

            Court en fille sauvage

            Elle se dénude

            L’herbe dans sa bouche

            Le cri et le rire

      



Les pierres roulées

venues de la lune

voile stellaire

Les pierres roulées

fulgurantes

lumière

des pensées /



Elle va dans les ronces

Court en fille sauvage.

LES COULEURS DE SAUNIA DELAUNAY

Les couleurs de Sonia Delaunay
LIBÉRATION  ( Les couleurs de Sonia Delaunay )