lundi 20 août 2012

LIBÉRATION. 1981. Agence AFP. DÉPART POUR LA PALESTINE




Huile sur toile de Catia CAZALS d'après une photo de l'Agence AFP.
Atelier Catia Cazals  Saint Rémy de Provence.

Des renseignements plus approfondis seront fournis ultérieurement.

jeudi 16 août 2012

LA PAIX . Le ciel Mauritanien

Épuisé par un parcours dans le désert.
Le calme et la fraîcheur d'une chambre isolée.
Une douche bienfaisante.
Une jeune femme pour vous servir un thé bouillant.
Elle a des yeux de braise, masqués par un tchador. 
Se déplace en silence.

La colombe roucoule la Paix.
LA PAIX   Le Ciel Mauritanien
Je m'endors

LA ROUE DU TEMPS

LA ROUE DU TEMPS

mardi 14 août 2012

Chant de la Caverne







LES SEPT DORMANTS
Chant de la Caverne

Ils sont enchaînés.

Les pieds, nus, simplement retenus par des bandes de cuir,
une neige poudreuse,
parsemée de plaques de glace sur lesquelles il faut marcher avec prudence et délicatesse,
un vieux chien gris les précède et trottine sur le chemin muletier taillé dans le roc à flanc de montagne.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

Ils sont enchaînés.
Escortés,
Ils avancent, surveillés par des hommes en arme.
Comment pourraient-ils s'échapper?
Pourquoi fuir le sommeil promis?
Et le repos de l'homme de charité.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

Ils sont enchaînés
Parfois une prière marmonnée par le groupe
Un regard vers l'homme de tête
armé, bardé de sangles et de cartouchières.
Un vieillard se traîne 
chute sur la roche gelée.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche. 

Ils sont enchaînés
La colonne vêtue de hardes
et de voiles masquant le visage
longe le chemin des grottes.
Très bas le désert, immense de pierrailles et de sable,
on aimerait s'y rouler et se fondre dans le sol.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche. 

Les corps se ploient de plus en plus
un chant entonné dans le froid
 difficile
L'écho emporte cette prière fervente 
et la dépose dans le mystère des lieux sacrés.
Le soleil levant couronne la cime des pensées éternelles.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

Une ferveur monte en moi - dit l'un -
Un frisson parcourt mon corps - dit l'autre.  
Chacun d'exprimer ce qu'il ressent.
Chacun de voir la mutation du visage du frère qui le côtoie.
Une prière et les yeux mi-clos. 

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

En tête de colonne
Djellaba déchirée et grasse de crasse
Visage lacéré, lèvres gonflées,
Le voile sur le visage,
Il dirige, et surveille, se dirige vers la falaise percée de grottes.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

Marche difficile
Hésitante
Un vent froid frappe les visages
Glace les jambes aux articulations
Pétrifie le corps

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

Brume matinale toujours persistante.
La roche disparaît dans le lointain
Parfois le cri de l'oiseau de proie
Un arbre craque et s'abat
Le chant d'un imam dans le village lointain et rebelle.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.







lundi 13 août 2012

SUR LA ROUTE DES CARAVANES



Fruit du Désert



Une route parcourant le dédale des dunes de sable jaune,
la caravane s'étire
les femmes voilées portant des charges et guidant les bêtes,
le chameau, le dromadaire,
les chèvres aux flancs creux,
le chien hirsute,
l'homme est assis sur l'animal de tête
seuls les yeux brillent,
le voile est bleu et fendu.
On découvre un regard de feu.

La route est parsemée de fruits-légumes qui offrent aux animaux une alimentation énergétique
de sucre et de suc frais qui s'écoule le long des lèvres.

Ainsi la caravane parcourt les immenses étendues du désert.

Mais les fruits sont rares

vendredi 10 août 2012

ENTRE LA NUIT DE TON NU. Gherasilm LUCA

LUNE &VENUS

entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues
entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds
entre le temps de tempes et l’espace de ton esprit
entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières
entre le bas de tes bras et le haut de tes os
entre le do de ton dos et le la de ta langue
entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris
entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres
entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu
entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve
entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts
entre le bout de tes doigts et les bout de ta bouche
entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine
entre le point de tes poings et la ligne de tes ligaments
entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur
entre le cou de tes coudes et le coucou de ton cou
entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses
entre l’air de ta chair et les lames de ton âme
entre l’eau de ta peau et le seau de tes os
entre la terre de tes artères et le feu de ton souffle
entre le seing de tes seins et le seins de tes mains
entre les villes de ta cheville et la nacelle de tes aisselles
entre la source de tes sourcils et le but de ton buste
entre le musc de tes muscles et le nard de tes narines
entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius
entre le manteau de ton menton et le tulle de ta rotule
entre le tain de ton talon et le ton de ton menton
entre l’œil de ta taille et les dents de ton sang
entre le pulpe de ta pupille et la serre de tes cernes
entre l’oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête
entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes poignets
entre les frontières et le visa de ton visage
entre le pouls de tes poumons et le pouls de ton pouce
entre le lait de tes mollets et le pot de ta paume
entre les pommes de tes pommettes et le plat de tes omoplates
entre les plantes de tes plantes et le palais de ton palais
entre les roues de tes joues et les lombes

 " Je me perd. Comment te retrouver et vivre le bonheur ineffable des jours de poésie, des larmes sur les plages indiennes, des chants et des mantras, des danses sur le sol des temples, s'enivrer de l'odeur de l'encens, dans le Gange enfin prendre l'énergie des bûchers. Je me perd."   C.C

mardi 7 août 2012

LE VERBE-LE RÊVE- Yeux clos et murmures-soupirs

Les yeux clos






Dans le rêve et les yeux clos, le relâchement du corps, l'abandon, le verbe se fait "chair", dans la nuit des gestes lents, des repliements, des écartements, des frissons et des soubresauts, puis une respiration lente, un chant en soi, chant du lointain, de l'impalpable, chant des sens, chant des pleines lunes et des soleils sombres, des peurs...
L'étreinte des corps, et les sueurs, les larmes, les fluides.
A nouveau le verbe.
Parfois inintelligible.
Toujours présent.
Sa limpidité en fait un acte créateur... Un ange est là...

Ode au sculpteur

.
UN CORPS DEVIENT ÉROTIQUE QUAND IL EST ANIMÉ PAR DU VERBE.


Ph. SOLLERS





ODE AU SCULPTEUR

ODE AU SCULPTEUR



La création sur le corps du modèle vient de ses lèvres

Ses soupirs.

Son souffle parfumé.

Ses paroles inintelligibles pendant l'acte créateur.

Un sourire lointain qui va loin dans la pensée.


*


Les mains pénètrent l'argile,

Ébauchent la forme

Griffent

Font du bloc informe une volute harmonieuse

Un corps en gestation.


*


Les mains étirent

Frappent, roulent,

Les coups s'abattent avec force et intelligence,

Une forme naît

 une forme en vie.

Tout a débuté par un sourire.

Le modèle s'est abandonné.

C'est une méditation .

Le ciseau travaille la pierre,

il façonne les rondeurs,

les creux de la chair à laquelle il donne vie,

le regard qui prend force et devient humain.

Il y a dans cet homme,

cette femme,

cet animal.

Toute une vie.

Un grand mystère.

Une création.



Le sculpteur et sa création.


lundi 6 août 2012

ÉROTISME ET RELIGION. L'ADORATION

 ÉROTISME ET RELIGION. L'ADORATION


La dimension érotique est certaine dans cette œuvre de FRA ANGELICO, réalisée à la "tempéra" par C.CAZALS, de l'atelier école de restauration de Chateaurenard.
Les jambes et la mutilation des pieds par le clou, le sang qui se répand sur le bois de la croix, l'immensité évoquée par le bleu tourmenté qui nous dit que c'est au sommet d'une colline que le supplice a lieu.
Le visage du saint, la tête entourée d'une mandorle est dans l'adoration.
Enfin, se dégage de l'œuvre une grande maîtrise de la méditation. Les pieds sont le mouvement qui n'est plus possible.
Existe toujours la puissance de la vie malgré la souffrance. Ce qui donne aux personnages la transcendance du corps.

samedi 4 août 2012

HASSAN

MAURITANIE
Hassan


attaché consulaire de Mauritanie au Sénégal


Nous étions sans papier pour repasser par la Mauritanie.
Une belle bande de sable
longeant la côte.

Les hommes bleus sont les gardiens de ce désert somptueux.
Alors nous AVONS discuté avec le consul.
Une conversation de marchand de tapis.
A croupetons sur de très beaux tapis.
Une théière fumante et odorante.
Une histoire très drôle.
De chameau.
Comment le faire passer par le chas d'une aiguille?
Une femme grosse et laide qui ne peut être acceptée
en mariage.

Et le fou philosophe,
Nasredine hodja,
proclama qu'il n'était rien d'impossible pour Allah.
Même de faire passer un chameau
par le chas d'une aiguille.

Le fils du consul
qui assistait a notre entrevue
se tourna vers son père
et lui demanda comment cela était possible.

C'est simple répondit le consul.

Ou bien il rétrécit le chameau,
ou bien il agrandit le chas de l'aiguille.

L'assemblée éclata de rire.
Le consul se mit à son bureau
Et nous rédigea le laissez passer sur le champ.
Ensuite, hassan, se chargea de nous diriger
et de nous assister.

©boucherif



lundi 30 juillet 2012

ENTROUVERTE


Il osa regarder.
Souvent, quand le soir venait, il passait devant ce jardin plein de mystères.
Des senteurs capiteuses se dégageaient d'une flore inconnue qu'il devinait, des chants d'oiseaux et des rires, et des soupirs, des paroles chuchotées.
Il osa regarder.
La porte, ancienne de fer rouillé, grinçante, entrebâillée, l'invita à approcher son visage.
Un entrelacs de branches supportant des fruits étranges et de ronces, des fleurs aux corolles profondes et colorées, une main, un sein d'une blancheur nacrée, un visage épanoui, des lombes masquées par un buisson
d'acanthes en forme de chapiteau.
une marre, la surface irisée, chargée d'herbes aquatiques.
Le coassement des grenouille
Un vent léger
Le bruissement de l'eau
Dégoulinant sur un tapis de roches moussues.
Et puis des fleurs étranges
Des noires,
des rouges sombres.
Elles ont des tiges démesurées,
des épines sanglantes
ployant sous le poids du calice.
Une musique dans ce jardin
et des oiseaux étranges.
Un immense bec de jais, luisant,
arme puissante et meurtrière,
prête à déchirer le visage de celui approchant
de trop prés.


LE JARDIN SECRET

dimanche 29 juillet 2012

SUR LE CHEMIN DE KSAR BOUCHERIF

Épiphanies

Chant du désert et des hommes bleus

*
Terre d'Orient
des villages de boue sèche et de roseaux.
Adembo, le jeune griot,
marche en tête de la caravane.
Il fixe l'horizon
l'ouest rougeoyant d'un soleil en repos,
d'un soleil caressant l'océan.

Un chameau blatère et grimace.
La caravane accélère,
il dirige les bêtes de somme,
ses pieds glissent dans la poussière.
*
Le sable pénètre les corps
s'infiltre dans la chevelure.
Le vent cherche à détacher le khôl et brûle les yeux
Des femmes dansent.

La caravane est dans la joie.

Les chants font écho dans l'immensité du désert.
Les chants en écho glissent sur les falaises de roche friable.

L'ombre se propage.
La caravane se transforme en cercle parfait.
Dans la nuit parfumée les prières et les chants.

La danse rituelle jusqu'au matin

©boucherif


SUR LE CHEMIN DE KSAR BOUCHERIF