lundi 6 août 2012

ÉROTISME ET RELIGION. L'ADORATION

 ÉROTISME ET RELIGION. L'ADORATION


La dimension érotique est certaine dans cette œuvre de FRA ANGELICO, réalisée à la "tempéra" par C.CAZALS, de l'atelier école de restauration de Chateaurenard.
Les jambes et la mutilation des pieds par le clou, le sang qui se répand sur le bois de la croix, l'immensité évoquée par le bleu tourmenté qui nous dit que c'est au sommet d'une colline que le supplice a lieu.
Le visage du saint, la tête entourée d'une mandorle est dans l'adoration.
Enfin, se dégage de l'œuvre une grande maîtrise de la méditation. Les pieds sont le mouvement qui n'est plus possible.
Existe toujours la puissance de la vie malgré la souffrance. Ce qui donne aux personnages la transcendance du corps.

samedi 4 août 2012

HASSAN

MAURITANIE
Hassan


attaché consulaire de Mauritanie au Sénégal


Nous étions sans papier pour repasser par la Mauritanie.
Une belle bande de sable
longeant la côte.

Les hommes bleus sont les gardiens de ce désert somptueux.
Alors nous AVONS discuté avec le consul.
Une conversation de marchand de tapis.
A croupetons sur de très beaux tapis.
Une théière fumante et odorante.
Une histoire très drôle.
De chameau.
Comment le faire passer par le chas d'une aiguille?
Une femme grosse et laide qui ne peut être acceptée
en mariage.

Et le fou philosophe,
Nasredine hodja,
proclama qu'il n'était rien d'impossible pour Allah.
Même de faire passer un chameau
par le chas d'une aiguille.

Le fils du consul
qui assistait a notre entrevue
se tourna vers son père
et lui demanda comment cela était possible.

C'est simple répondit le consul.

Ou bien il rétrécit le chameau,
ou bien il agrandit le chas de l'aiguille.

L'assemblée éclata de rire.
Le consul se mit à son bureau
Et nous rédigea le laissez passer sur le champ.
Ensuite, hassan, se chargea de nous diriger
et de nous assister.

©boucherif



lundi 30 juillet 2012

ENTROUVERTE


Il osa regarder.
Souvent, quand le soir venait, il passait devant ce jardin plein de mystères.
Des senteurs capiteuses se dégageaient d'une flore inconnue qu'il devinait, des chants d'oiseaux et des rires, et des soupirs, des paroles chuchotées.
Il osa regarder.
La porte, ancienne de fer rouillé, grinçante, entrebâillée, l'invita à approcher son visage.
Un entrelacs de branches supportant des fruits étranges et de ronces, des fleurs aux corolles profondes et colorées, une main, un sein d'une blancheur nacrée, un visage épanoui, des lombes masquées par un buisson
d'acanthes en forme de chapiteau.
une marre, la surface irisée, chargée d'herbes aquatiques.
Le coassement des grenouille
Un vent léger
Le bruissement de l'eau
Dégoulinant sur un tapis de roches moussues.
Et puis des fleurs étranges
Des noires,
des rouges sombres.
Elles ont des tiges démesurées,
des épines sanglantes
ployant sous le poids du calice.
Une musique dans ce jardin
et des oiseaux étranges.
Un immense bec de jais, luisant,
arme puissante et meurtrière,
prête à déchirer le visage de celui approchant
de trop prés.


LE JARDIN SECRET

dimanche 29 juillet 2012

SUR LE CHEMIN DE KSAR BOUCHERIF

Épiphanies

Chant du désert et des hommes bleus

*
Terre d'Orient
des villages de boue sèche et de roseaux.
Adembo, le jeune griot,
marche en tête de la caravane.
Il fixe l'horizon
l'ouest rougeoyant d'un soleil en repos,
d'un soleil caressant l'océan.

Un chameau blatère et grimace.
La caravane accélère,
il dirige les bêtes de somme,
ses pieds glissent dans la poussière.
*
Le sable pénètre les corps
s'infiltre dans la chevelure.
Le vent cherche à détacher le khôl et brûle les yeux
Des femmes dansent.

La caravane est dans la joie.

Les chants font écho dans l'immensité du désert.
Les chants en écho glissent sur les falaises de roche friable.

L'ombre se propage.
La caravane se transforme en cercle parfait.
Dans la nuit parfumée les prières et les chants.

La danse rituelle jusqu'au matin

©boucherif


SUR LE CHEMIN DE KSAR BOUCHERIF


mercredi 25 juillet 2012

MOMENT DE MÉDITATION




J'ai rêvé cette nuit de ce moment de méditation, de ces minutes qui s'égrènent sur chaque note, fermer les yeux et voir les oiseaux migrateurs en partance, les fleurs s'épanouir, parfois le bleu de ton cœur embarquer sur une chaloupe, l'insecte s'abreuver au pistil de la rose.
Voir l'immensité de la mer.

lundi 23 juillet 2012

CHANT DE LA CAVERNE

Chant de la Caverne




LES SEPT DORMANTS
Chant de la Caverne

Ils sont enchaînés.

Les pieds, nus, simplement retenus par des bandes de cuir,
une neige poudreuse,
parsemée de plaques de glace sur lesquelles il faut marcher avec prudence et délicatesse,
un vieux chien gris les précède et trottine sur le chemin muletier taillé dans le roc à flanc de montagne.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

Ils sont enchaînés.
Escortés,
Ils avancent, surveillés par des hommes en arme.
Comment pourraient-ils s'échapper?
Pourquoi fuir le sommeil promis?
Et le repos de l'homme de charité.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

Ils sont enchaînés
Parfois une prière marmonnée par le groupe
Un regard vers l'homme de tête
armé, bardé de sangles et de cartouchières.
Un vieillard se traîne 
chute sur la roche gelée.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche. 

Ils sont enchaînés
La colonne vêtue de hardes
et de voiles masquant le visage
longe le chemin des grottes.
Très bas le désert, immense de pierrailles et de sable,
on aimerait s'y rouler et se fondre dans le sol.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche. 

Les corps se ploient de plus en plus
un chant entonné dans le froid
est repris par chacun d'entre eux.
L'écho emporte cette prière fervente 
et la dépose dans le mystère des lieux sacrés.
Le soleil levant couronne la cime des pensées éternelles.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

Une ferveur monte en moi - dit l'un -
Un frisson parcourt mon corps - dit l'autre.  
Chacun d'exprimer ce qu'il ressent.
Chacun de voir la mutation du visage du frère qui le côtoie.
Une prière et les yeux mi-clos. 

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.

En tête de colonne
Djellaba déchirée et grasse de crace
Visage lacéré, lèvres gonflées,
Le voile sur le visage,
Il dirige, et surveille, se dirige vers la falaise percée de grottes.

Ils sont sept et la buée sort de leur bouche.





samedi 21 juillet 2012

RUE BONAPARTE

Il m'a dit bonjour. Il m'a dit viens-tu?
 .
Rue Bonaparte.
Je n'ai pas su lui dire bonjour.
Les premiers jours du printemps 1960. Elle descendait vers la Seine. Le Quai Malaquais, l'Institut, le Pont des Arts.
Le premier soleil inondait le trottoir.
Un balancement des hanches. Je n'ai pas su lui dire bonjour.
Simplement les yeux baissés. Un regard furtif. Le cramoisi d'un léger pull de soie fine et le doux balancement de ses deux seins. J'imaginai la perfection et le glissement de l'albâtre.
La démarche et le port d'une reine mystérieuse, les jambes caressant le sol, les fines attaches en forme de pattes d'oiseau; des pigeons parisiens se posant sur les balcons, maculant les véhicules stationnés d'une fiente blanchâtre et crémeuse, enfin au repos sur l'épaule d'un vieillard tremblotant prenant soin de leur distribuer des graines de millet rond.
Elle semble danser sur l'asphalte, valse hésitation; les antiquaires et les marchands de livres anciens viennent d'ouvrir leur boutique.
Une échoppe avenante. Son domaine. Un geste doux et elle pénètre sa main, caresse le vieux cuir. Ses doigts glissent entre les pages, le long des lieux sensibles, et mettent en émoi la chair riche et palpitante, celle du livre qui s'ouvre, elle peut lire quelques phrases, un corps gravé apparaît.
Mon regard plonge dans la vitrine, se faufile entre les ouvrages couverts de poussière, pour enfin apercevoir l'œuvre convoitée.
Un livre épais aux pages d'une consistance un peu rigide, peut-être ce qu'on nomme un incunable, ouvrage ancien.
Elle est belle et rend encore plus belle la tenancière de ce lieu de culture et de savoir, vieille dame respectable au visage outrageusement maquillé.
Je la suivit ainsi tout au long de la journée.
Elle savait que j'étais là, un peu distant. Je n'en finissais pas d'admirer son mouvement lent du bassin. Nous allâmes dans cette douce chaleur voluptueuse jusqu'au jardin des Tuileries.
Puis les contre-allées des Champs Élysées.
Elle se reposa sur un fauteuil de fer forgé, son regard se perdait dans le feuillage naissant.
Elle tourna lentement son visage et je crus apercevoir un sourire lointain, une invite à se perdre dans les songes d'une sexualité maladroite, encore hésitante et troublée.


©Christian Cazals






Rue Bonaparte



(photo exécutée et retouchée depuis un cliché d'un photographe de la rue. Anonyme)





Remerciements des commentaires

Vincent Balaÿ, photographe de talent et artiste contemporain nous dit au sujet du moment de philosophie:
" Bravo à ton âne
Qui porte sans le savoir
le poids du monde
du bout de sa queue
à l'extrémité de ses antérieurs".

Quant à rêveuse bleue vous trouverez son commentaire sur le blog dans l'espace Commentaires.

Remerciements à tous les deux.

vendredi 20 juillet 2012

UN MOMENT DE PHILOSOPHIE

MOMENT DE PHILOSOPHIE




Il laisse se pointer ses oreilles de cendre
entend le son du monde
les invectives
les chants de guerre
et de hargne 
et de colère.

Son regard est 
                      - d'intelligence profonde -.

Il médite sur l'homme,
ce nain à deux pattes
au cerveau desséché qui ne sait que

                                                                         HAÏR.


©christian Cazals

jeudi 19 juillet 2012

LES JOURNÉES DE GRIGNAN

L'or des paroles écrites
Bues

Une brillance dans le sombre de la pensée

Le chant de gorge
Le corps en extase
Un regard et des larmes...

                                        le sel des larmes

Gratter la guitare
Larme glissant sur les joues
Chanter une nuit fraîche.

     *

Les nymphes se dévoilent
La chevelure cendrée
Orage et lointain.

       *

Une grenouille
Aventureux serpent d'eau
Faune matinale.

lundi 16 juillet 2012

LA DISPARITION DE LA VIE

A L'INTÉRIEUR LE COMBAT DES MOLÉCULES

ET LA DISPARITION DE LA VIE

-

LA PRIÈRE - POÈME DE PATTI SMITH

Entendu l'appel à la prière
Le ciel était magique.
Les hommes conduisaient les chameaux.
Agenouillés parmi les épineux
au réveil
j'avais des égratignures
aux genoux.
Jamais plus vision
ne sera à ce point
aiguë que rêves
produisent sang
sentier d'épines
jonché d'ailes.
Les collant
à nos épaules
pourrions sûrement voler.
Serions libres
comme la huppe
le courlis
et son chant au printemps.
Viendras-tu
petite sœur?
Viendras-tu?
Mère va mieux.
Nous volons
de nos propres ailes
voletons
en bas en haut
en bas en haut
bras nus
sweaters
ôtés.
Oh
être si
petites!



Castèl de Péirapertusa

Le château de Peyrepertuse est situé au centre du micro-pays de l'ancienne seigneurie de Peyrepertusés
signifiant La Pierre Percée dans l'Aude. Au sommet d'une falaise de 30 à 40 m il domine la commune de Duilhac.
C'était un lieu stratégique qui permettait de contrôler les différentes vallées ainsi que les cols permettant l'accès à la place forte. Cette situation élevée permettait également de communiquer par signaux optiques avec le Château de Quéribus, autre lieu Cathare réputé imprenable.
L'entrée principale se trouve au Nord, on pouvait y accéder par un chemin secret.






Château de Peyrpertuse
                                                              

Modèle et neige contreforts de Peyrepertuse