samedi 17 mai 2014
mercredi 14 mai 2014
Depuis
ma naissance je suis sur ce promontoire, le regard se pose sur l’horizon et
j’observe les oiseaux de mer qui plongent et replongent, avide de pitance, leur
cri est un ricanement en écho.
Depuis
ma naissance, les mains enfouies dans les poches de ma djellaba de soie
blanche, j’offre mon corps au vent, les rafales du vent qui viennent du
lointain.
Les
rafales chargées des senteurs rares de l’orient. Mes lèvres bleuissent,
se gercent,
les embruns pénètrent mes narines, s’infiltrent dans la fente des yeux, un
grondement sourd dans le pavillon des oreilles, étrange pénétration du corps
par le bas, glissement humide.
Les
jambes immergées dans la vague écumante blanchissent de froid.
Depuis
ma naissance mon corps est en mouvement, les scissures du cerveau parviennent
lentement à maturité...
Dans
l’intérieur les organes développent les cellules qui nous font ce que nous
sommes « des êtres en mouvement constant » que parfois la maladie
assaille.
Notre
être devient autre.
samedi 10 mai 2014
Chant
du Griot
*
Racines
ouvertes
Au
cœur de l'arbre sacré
Blancheur
du masque.
*
Un
oiseau blanc saigne
Cœur
fripé dans la poche
Le
bleu de l'' âme.
*
Une
flèche a percé le plumage s'est engouffrée jusqu'au cœur
brisant
l'envol majestueux.
L'œil
pleure.
Déjà
les rampants s'acheminent vers la carcasse.
RENCONTRE SUR LES BOLONGS
Nous
nous retrouvons sur les bords du bolong. Frissons du petit matin,
glissement furtif du lamantin, claquement sur la surface de l'eau,
chant du piroguier, lutte du poisson des abysses revenu de l'immense
océan, des fosses étranglés de rochers recouverts d'algues brunes,
ceinturées de vestiges des navires antiques immergés.
Elle
est nue, la bruine ayant une saveur salée flotte dans l'air autour
de son corps, le soleil est caché et viendra montrer son visage
quand le jour sera levé.
Appuyé
sur sa perche le pêcheur lance son filet et guette les rides sur la
surface de l'eau, rides laissant deviner la présence des minuscules
poissons chat qui sont la nourriture quotidienne des monstres en
chasse ou à l'affût.
vendredi 9 mai 2014
jeudi 8 mai 2014
SIR ANGUS WILSON
.... Bref ils ont du fric maintenant..; je pense mes parents...mais ils ne croient pas en moi." Ils me prennent pour un raté, ou pire. Mais ça m'est égal; ils verront bien. Je me cherche c'est tout.
Si ma mère n'était pas morte elle aurait compris. Elle tenait à ce que je sache m'exprimer correctement, ma mère. C'est vrai que je parle bien, même si je n'écris pas correctement.
Bien sûr, si j'avais été poète ça n'aurait pas eu tellement d'importance:la poésie ça n'est pas une question de style, c'est les mots qui ont de l'importance. Faire de la poésie c'est un peu peindre avec des mots à mon avis. Quand j'ai vu rouge et que j'ai presque tué ce garçon ma mère m'a conduit chez un psychologue.
Mais après elle est morte et mon père s'est remarié avec sa putain.
Si ma mère n'était pas morte elle aurait compris. Elle tenait à ce que je sache m'exprimer correctement, ma mère. C'est vrai que je parle bien, même si je n'écris pas correctement.
Bien sûr, si j'avais été poète ça n'aurait pas eu tellement d'importance:la poésie ça n'est pas une question de style, c'est les mots qui ont de l'importance. Faire de la poésie c'est un peu peindre avec des mots à mon avis. Quand j'ai vu rouge et que j'ai presque tué ce garçon ma mère m'a conduit chez un psychologue.
Mais après elle est morte et mon père s'est remarié avec sa putain.
mardi 6 mai 2014
le
pinceau effilé de son pied caresse les fines particules des roches
cristallines dé-
posées
par les mouvements de la terre.
Le
ressac impitoyable rythme le chant de Moussa.
Moussa
sur la proue de la pirogue
chante
avec les oiseaux.
Il
pince les cordes de la kora que le soleil illumine.
La
musique guide le pêcheur sur l'océan.
L'esquif
solitaire dirige sa proue vers le large
l'horizon
s'éloigne à chaque plogée de la pagaïe.
Le
filet s'étale et s'enfonce – plonge vers les fosses antiques de
l'océan et emprisonne
la
faune / flore à l'entour des épaves enfouies et des âmes de marins
perdus.
Un
silence de planète naissante, de soleil écartelé sur la masse des
nuages, de blancheur de lune enveloppe le corps de Moussa... plus
tard c'est dans un manteau
lumineux
de fourrure sauvage, de rugissements nocturnes, de glissements - l e
boa
constrictor
rampe vers sa proie – un manteau cousu d'étoiles, de planètes
filantes que Moussa s'endort.
La
crête des vagues.
Un
rayon de lune.
©christiancazals.
lundi 5 mai 2014
MOUSSA
Il
dessine une kora sur le sable
Une
trace
dans
l'' or dispersé
sur
l'' océan les jours de grand vent.
Un
sillon d' où sort la musique des anges.
Moussa
l'enfant né de l'' arbre marche sur la plage
et
son regard
fixe
une pirogue de bois peint.
Au
bout de la plage le mirage...
une
image déformée – case de terre et de paille -
la
chaleur submerge le village,
le
chant du piroguier
départ
en haute mer.
Moussa
laisse filer les grains de sable
une
huile lumineuse sourd de sa peau.
Luisante,
joyau étendu.
Il
veille sur la pirogue de bois peint.
©christiancazals
dimanche 4 mai 2014
FÊTES VÉNITIENNES
Les
Fêtes Vénitiennes.
Masques
et Bergamasques / Palazzo di Borghho
Des
Pierrots lunaires, d'extravagantes sorcières, des diables en rut
hurlant la jouissance des enfers, accouplements de divinités
chthoniennes, musique angélique sur la lagune, tambourins,
mandolines, guitares, grands éclats de rire et cris énamourés,
chants de gorge et roucoulis...
Le
corps souple des femmes au rythme languissant autour du nouvel
arrivant.
Des
chuchotis...
… le
Comte...
… le
Comte...
aussi
des larmes, et Fausta s'avançant vers lui mue par le désir,
attirée
par sa présence.
*
Elle
pénètre l'aura du comte pour se perdre.
Noblesse
de sa démarche,
mouvement
souple des hanches,
creux
des lombes au parfum musqué.
*
En
toute sérénité son corps glisse et vient se lover contre celui du
comte.
Une
coupe est tendue par un jeune éphèbe.
Le
champagne glisse dans le corps échauffé de Fausta
son
visage s'empourpre,
les
lèvres s'entrouvrent,
une
étrange vibration l'agite.
Le
couple pénètre la foule multicolore, folle de rythme et de musique.
Ils
disparaissent.
Au
lever du soleil
les
amants en lévitation iront sur les bords de la lagune.
Fausta,
blottie dans les bras du comte laisse son regard se perdre
dans
les brumes matinales.Épuisée elle ferme les yeux.
Les
derniers masques s'éloignent du palais.
La
respiration des amants sera une.
©christiancazals.Fêtes
vénitennes
vendredi 2 mai 2014
L' ÉTREINTE
Il faut que la mort m'étreigne
Et chante la douleur.
Il faut qu'elle parcoure les champs d'avoine,
passe sa main calleuse dans le brun de ta chevelure.
Il faut que la mort se perde
au profond de ton visage d'enfant.
Se perde à nouveau dans ta chevelure
soyeuse et bouclée, luisante, du soleil africain.
A l'heure du soleil vespéral, de la lune montante,
soyons un couple de feu et de chants rauques.
Enchantons le défilé entre les roches du désert.
Thanatos m'emportera.
Tu resteras sur la berge du fleuve
©christiancazals
jeudi 1 mai 2014
LA SOURCE LA FISSURE.
LA SOURCE LA FISSURE
LA FISSUREImperceptible.
Les berges se fendillent.
Gaïa verse des larmes.
UNE SEMENCE.
Source offrant un liquide mordoré
Nous pénètre aux heures chaudes d'un été paresseux.
Terre arable sous le soc du Chaos initial engendre Ouranos.
Elle s'enveloppe dans les étoiles. Un souffle se répand sur notre corps.
Inassouvi.
Et pénètre nos orifices.
Ceux de Gaïa.
La pelle du fossoyeur.
Les Muses nous couvrent de fleurs.
Le Chant de la pluie.
L'odeur d'un sexe, un visage en pâmoison.
IMAGE DE LA TERRE.
©christiancazals
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