vendredi 30 novembre 2012



Il y eut un grondement sourd sous le pas du dromadaire blanc
Il y eut une fissure et le sable s’infiltra
Il y eut le guerrier au visage voilé
Il y eut Ibrahim
                         l’enfant nu au sommet de la dune
IL y eut… IL y eut…
                         la source d’eau fraîche nommée point 0
Il y eut un combat
Il y eut le vent de sable
                         et l’oued en furie
                         car les éléments se déchaînèrent
Il y eut la carcasse de l’aéroplane des Forces Unies abattu en plein vol
Il y eut un no man’s land
                         et le silence après la lutte acharnée
Il y eut le grand lac asséché
                         et les cadavres immergés sous la mangrove
Il y eut les longues colonnes de réfugiés
                         décharnés
                         les yeux troublés par la fièvre du désert
Il y eut l’étreinte d’un homme et d’une femme
                         Cachés dans les fourrés de l’oasis
                         accouplement interdit cachés par les buissons d’épineux
Il y eut l’appel du muezzin
                         répercuté des sommets rocheux au cœur des gorges et des vallées lointaines
Il y eut la caravane marchande
Il y eut l’immensité des ergs et la souffrance du trajet
Il y eut des pleurs
Il y eut des cris et des lamentations
Il y eut la mort d’Ibrahim
Il y eut le recueillement des hommes.      


MOSAÏQUE ST PAUL DE MAUSOLE



Mélanie CORNU et son groupe de participants de la Clinique St PAUL s’inspirent avec un certain plaisir et une ardeur évidente du peintre Robert DELAUNAY.
L’œuvre de ce peintre qui est généralement divisée en deux parties chronologiques se perçoit dans le travail du groupe.
C’est d’abord le néo-impressionnisme de sa jeunesse d’une part, puis l’orphisme, une branche du cubisme et avant-garde de l’abstraction, constituant sa maturité.
Le travail du groupe répond à ce second mouvement par la couleur, les éléments circulaires qui laissent la place à la lumière. Ce qui constitue une harmonie picturale.
«  Rien d’horizontal ou de vertical, la lumière déforme tout, brise tout. »
Ces lignes donnent naissance à deux séries de cercles concentriques.
La joie de vivre est dans le tournoiement de ces cercles.
Le blanc et le noir accentue l’effet de luminosité et d’obscurité.
L’harmonie et la vivacité de ce travail provoque en nous une tension qui nous entraîne vers l’infini.

boucherif





mercredi 28 novembre 2012

TEXTES EN REGARD DE L'EXPOSITION D'ARRABAL





Exposition conçue par Serge Assier
en hommage à Fernando Arrabal pour ses 80 ans

du vendredi 30 novembre 2012 au samedi 26 janvier 2013
au
cipM


Vernissage de l'exposition le vendredi 30 novembre 2012, à partir de 18h30
au cipM

suivi d'interventions et de lectures avec
Fernando Arrabal et Serge Assier

Projection le samedi 1er décembre 2012, à 16h00
du film de Xavier Pasturel Barron
Vidarrabal

Extrait :

– Parmi les photographies de Serge Assier à Venise j’ai cru entendre le sifflement du serpent lorsque les dieux nous créèrent immortels.
– Je ne crois ni aux dieux ni à l’immortalité... vous êtes trop idéaliste. J’aime les photos d’Assier... un point, c’est tout !
– Votre Vulgate matérialiste vous empêche de voir que nous avons perdu cette pérennité terrestre à cause d’un détail absurde ou d’une erreur insignifiante. Comme la pomme d’Eve au Paradis ou la soif de Gilgamesh en Assyrie... Regardez la Venise de Serge Assier.
– Les aventures héroïques, le combat contre des monstres ou des taureaux célestes... quel rapport avec la précision du photographe ?
– Gilgamesh, prostré, pleura de longs mois la mort de son ami Enkidou. Aventures, combats et douleurs semblables à ceux que vit le photographe cloîtré dans son laboratoire...
– ...‘cloîtré’, comme vous dites, met un terme au troisième acte de la photo sans d’autres pleurs que ceux provoqués par l’acide.
– Il s’interroge dans sa solitude : « au delà de la photographie, la photographie absolue existe-t-elle » ? Et il s’agrippe au cou de la girafe et s’envole avec elle, les pieds tenaillant ses flancs pour ne pas perdre l’équilibre.
– Vous, je vous prie d’avoir les pieds sur terre : Serge Assier n’a ni racines, ni ailes, mais des bras et des jambes pour photographier ou pour travailler dans son atelier.
[…]

Fernando Arrabal, extrait de Assyrie et Venise, in ' ' ' Le Cahier du Refuge ' ' ' 218, décembre 2012
Vidarrabal :

Comme toute forme de vie Vidarrabal est né d’une rencontre. Un soir à Paris j’assiste à une adaptation de La pierre de la folie chez Fernando Arrabal. Texte torturé, reflétant à certains égards le poids de l’histoire sur son sujet, une plume à la fois encrée dans le sang et les traces d’un tricycles envolé dans les cieux, autant d’éléments qui m’ont conduit à pousser mon regard vers cet homme dont j’ai pu croiser le sourire sous le menton de mon père.
Le film est une forme de biographie menée avec l’artiste dont le drame personnel qu’est la disparition de son père durant la guerre civile Espagnole n’a pu tarir la formidable animosité présente en son oeuvre. Enfant de la guerre, exilé volontaire puis forcé, il n’eut cesse de se battre contre toute forme d’autoritarisme qui font de son univers un champs d’expérimentations ludiques aux teintes empruntes de surréalisme. André Breton, Tristan Tzara, puis Topor et Jodorowski avec qui il créait Panique ; c’est aussi ces rencontres là Arrabal ; une plume entre les branches de l’Arbre du bien et du mal. Un voyage au delà des cultures, des frontières ou le paysage de Fernando Arrabal se dessine comme une île entre les étoiles. Dans l’obscurité, Fréderic Arrieta Arranzueque, spécialiste de l’oeuvre, nous accompagne de ses feux dans la compréhension de cet homme de génie dont l’univers oscille entre la feuille, la scène et le cinéma.
Xavier Pasturel Barron, à propos de son film Vidarrabal, in ' ' ' Le Cahier du Refuge ' ' ' 218, décembre 2012
in ' ' ' le Cahier du Refuge ' ' ' 218





CiPM de MARSEILLE. TRANSMIS PAR CAZALS Christian

PROGRAMME

Cette semaine

Vernissage de l'exposition : Serge Assier / Fernando Arrabal - Travaux communs / Écritures / Photographies

vendredi 30 novembre à partir de 18h30
vernissage de l'exposition suivi d'interventions de Fernando Arrabal et de Serge Assier
Samedi 1 décembre 2012 à 16h00
Projection du film Vidarrabal de Xavier Pasturel Barron

Prochainement

Exposition : Serge Assier / Fernando Arrabal - Travaux communs / Écritures / Photographies

du vendredi 30 novembre au jeudi 26 janvier 2012
Exposition en hommage aux 80 ans de Fernando Arrabal conçue par Serge Assier

mardi 27 novembre 2012

MOSAÏQUE



Ce travail de mosaïque est réalisé par Mélanie CORNU et un groupe de pensionnaires de la clinique St PAUL à Saint Rémy de Provence.
Cette Clinique est connue pour avoir abrité le peintre Vincent VAN GOGH pendant sa maladie 1880-1890.
Dans cette œuvre l'artiste s'inspire de Robert DELAUNAY (1885-1941) par le style radicalement "antidescriptif" et dynamique, les formes circulaires.
L'artiste désire les commentaires des lecteurs de ce blog, qui lui seront transmis. Ces "comments" feront évoluer son travail et aiderons le groupe.

samedi 24 novembre 2012

LE LIVRE NI SUJET NI OBJET

L'identité, elle, survit, et si le livre feint d'être objet, c'est pour conjurer les translations inévitables. L' Édition est l'œuvre d' Isis – ni créée, ni incréée -,
de ses routes quant au fleuve, il ne recevra plus aucune cendre car il est temps. Nommer l'architecture d' un livre comme préfiguration d'un temple n'avoue pas son vœu dès lors qu'une fois pour toutes, ce monde ne se conçoit plus comme le seul lieu du désir, et que l'architecture peut être mentale comme son site.
Faire d'un livre le tombeau vide de la question du sens qu'aura été le corps. Ce monde serait cette matrice et enfanterait par le livre de cet autre monde qui serait le véritable lieu du livre, des livres, là où vie et livre se vivent d'un même qui est leur grâce. Le tombeau anticipe la chambre comme la barque le tombeau. De part en part une traversée, une écriture qui sait qu'elle peut décider la mort comme lieu, et que l'abolition de l'espace et du temps n'est pas toute la mort, pas plus que leur création ne fut l'origine. La Mort, dont le bâti est le livre qui accepte d'être livré, la lecture va le démembrer, pour le sauver de toute tautologie, de toute sécularisation, et de toutes ses « œuvres complètes », apocryphes toujours, dès lors que nous n'aurons pas joué, ni le jeu de l'art, ni le jeu du salut.

Christian Gabrielle  Guez - Ricord



 http://25.media.tumblr.com/tumblr_m09qasU8UK1r6s2hoo1_1280.jpg

jeudi 22 novembre 2012

BOIS GRAVÉ 2 / VISWANADAN

BOIS GRAVÉ  2


De celui qui brandit l'arc.
Qui détruit le péché.

De celui qui a trois yeux
et dont la demeure est sur le mont Kailasa.

Dans Klim il y a le goût sacré
de la semence de Shiva,
le hurlement de douleur et de plaisir
de Parvati,
celle qui s'enivre de vin et de sang
et s'ouvre jusqu'au ventre
pour recevoir Shiva
plus fou que dieu.



Plus dieu
Le feu des âges les plus nocturnes retrouve chez Viswanadan ce huitième de lumière volè à Surya
le dieu solaire.

mercredi 21 novembre 2012

BOIS GRAVÉ de Viswanadan. Texte de THÉO LESOUALC'H

DANS KLIM IL Y A SOLEIL


dans klim il y a feu il y a lune

soleil

lune et feu                                     sont le

yoni                                              qui est l'énergie universelle, le
vagin                                             qui fait naître en l'homme le                                           
désir                                                    remue en lui une force       
                                                   primordiale qui est
                                             la force même d'où procède 
                                                         la création
                                         
                                                       rend à l'homme sa nature                                     divine.


LE LIVRE NI SUJET NI OBJET/ Christian Gabrielle GUEZ-RICORD

L'image de pierre gardait la forme comme l'attribut de l'esprit, l'ancre de l'âme, et ce corps de pierre était le support de l'écriture d' un avoir été dont cette image était l'affirmation d'une transcendance décidée. Ainsi d'un livre dont l'écriture ne serait pas à elle-même sa propre transcendance, dont la fin ne serait pas le livre mais la châsse d'un corps dont la mise en bière signerait l'état des lieux dans sa constituante indéfinie et le désir de rendre à la mort une durée, son temps à elle, et non plus l'instant d' une définition qui lui restera toujours extérieure comme l'apparence. Le livre n'est ni linceul de ce qui fut, ni linceul de ce qui aurait pu être, il est le salut de l'identité, que le corps, l'esprit, l'âme, le double se dissocient, se contemplent, voire survivent , ou non.

CipM de Marseille


Présentation de la collection par
Éric Audinet

et lectures des deux premiers titres de la collection par
Valérie Mréjen et Fred Léal

le vendredi 23 novembre à 19h00
au cipM

mardi 20 novembre 2012

L' ATELIER DES GRAMES

ATELIER DES GRAMES ( Bois gravé érotique )

Le livre ni sujet ni objet
Si Dieu est tout puissant, Il / Elle peut être une chose. Ce qu'il en est du pain, du vin. Ce qu'il en est de la statuaire de l'Égypte,
mais l'Égypte a été calomniée, tenue comme idolâtre -, et de ces totems et amulettes d'une Afrique qu'on a crue longtemps sans écriture parce que l'écriture était le corps, était le corps comme étant le seul lieu du signe. Dieu dans sa toute puissance se fait chose – ce qui relève de l'être alors que nous en avons fait un concept ou ce que la vérité comme concept désigne comme si la foi pouvait être un avoir -, et si Dieu acceptait parfois l'imagenon pour sa ressemblance, mais pour ce non-lieu inavoué qui est l'errance irréductible de la métaphore.Dés lors le livre est le véritable tombeau,ni sujet, ni objet, comme un mort. Le livre aura été cette métaphore du monde, ce passeur de nombreuses théogonies, mais le livre est un nom dans sa mort, il est le lieu de la mort comme nom, puisqu'elle y fait signe et signerait, elle, l'orient et l'amont. Le sarcophage égyptien était couvert de signes, ni livre, ni objet, vrai lieu parce que hors lieu.

dimanche 18 novembre 2012

MERCI POUR TON MESSAGE

Christian,
voici quelques lignes qui j'espère pourrons alimenter la photo de la mosaique:
"Merci Christian de partager cette mosaique sur le net. Elle est en cours de réalisation au centre Saint Paul, à Saint Rémy de Provence, avec des résidents de la M.A.S., les Iris. J'anime cette activité, le modèle étant "La joie de vivre", Robert Delauney 1930. J'aime beaucoup la mosaique  et le travail en groupe est trés stimulant ".
J'espère que vous allez bien ainsi que Cathy, mes amitiers à vous deux,
Mélanie.

Je vais présenter une partie de cette mosaïque qui semble se construire avec beaucoup de savoir faire de ta part et beaucoup d'ardeur et de volonté de la part de tes élèves .

Christian.


Projet de mosa¨que de Mélanie