samedi 9 août 2014

L'Acteur qui ne connaît pas le trac est un acteur sans talent, l'actrice aussi.
Le danseur ou la danseuse sans le trac sont des artistes sans talent.

mercredi 6 août 2014

de philippe JACCOTTET

Et voici que le soir se referme une fois de plus, replie son aile rose et dorée pour le sommeil. Je me sens le devoir de le noter. Comme le scribe faisait les comptes de la journée du commerçant: soir inscrit au livre des soirs, mais qui n'est rien pourtant que l'on puisse amasser ou négocier. On ne consigne pas un poids, un métrage, un prix, rien qui se chiffre. Plutôt quelque chose comme le croisement de deux clairs regards,  d'où s'élève ce qui semble échapper à leur caducité.
in " CE PEU DE BRUITS ".

*


" Oui, oui, c'est vrai, j'ai vu la mort au travail et, sans aller chercher la mort, le temps aussi, tout prés de moi, sur moi, j'en donne acte à mes deux yeux, adjugé! Sur la douleur on en aurait trop long à dire. Mais quelque chose n'est pas entamé par ce couteau ou se referme après son coup comme l'eau derrière la barque. "

A LA LUMIÈRE D' HIVER 

dimanche 3 août 2014

REGARD PHILOSOPHIQUE DE PHILIPPE JACCOTTET

A la fin d'un énième rêve d'égarement où, sortant, si je me souviens bien, d'un théâtre, je m'éloignais toujours plus des quartiers habités, je me suis vu descendre un mauvais chemin dans une sorte d'entonnoir où ne poussaient plus que de maigres buissons et de l'herbe par taches entre les pierres. Je descendais, mais j'étais si certain que jamais je n'en remonterais que l'angoisse m'a réveillé. Cette sorte de ravin avait la forme de  ce que DANTE assigne à l' Enfer, mais c'était un enfer ordinaire dont même le plus grand esprit ne pouvait espérer revenir.

Philippe Jaccottet

L' HOMME DEBOUT. NUIT DU 3 AOÜT 2014. 04h00

Dans l'encoignure



Il me regarde, ma nuit est agitée,  elle suit les nuits lourdes qui emprisonnent mes pensées. Des pas sur le gravier,
 rire du hibou,
chant du rossignol,
moi, inondé de sueur,

touffeur sous la moustiquaire,
les voiles immaculés sont agités par une légère brise
marine.
je fixe effrayé l'encoignure des murs.
Un murmure, ses lèvres tremblent.
Souffle alcoolisé qui parvient jusqu'à ma couche.
Ses narines frémissent
le regard tranchant,
et des doigts!!
Mon regard se trouble.
Lentement il disparaît.
Il semble repus.

jeudi 31 juillet 2014

NUIT DU 1° AOUT 2014

Regards et  Écrits.


L' angle des murs, les visages se surmontent, des yeux d'enfants
la peur juvénile, ceux d'un vieillard, perçant le vice est dans l'iris, un
blanc jaunâtre, sourcils gris, épais, paupières tombantes, cernes et rides, le visage chuchote et grimace....
plus bas visage de femme et rire sonore, rire de sexe, effroi du contemplateur,
les yeux dans le sommeil,
un loup regarde et va au profond de l'être étendu. Prêt à bondir.

                                                                        


ODE SAUVAGE A JAN PETRUS

Ode sauvage à Jan Petrus





Jan Petrus grand arpenteur du monde
Visionnaire
Et pour fixer les images que lui seul voit, 
Photographe,
Peintre,
Dessinateur,
Va en solitaire sur les plages désertes.
Parfois il interrompt ses marches désespérées
Et se plonge dans les vagues,
Le bonheur des flots fracassés sur le rivage.
Il est nu.
Et le soleil caresse son corps.
Alors il s’étend sur le rivage
Ferme les yeux
Et contemple le ballet des sirènes.

Jan Petrus collabore parfois à notre blog,
Et nous laisse un billet
Chantant la beauté
D’une femme,
D’une peinture,
D’une sculpture,
D’une œuvre contemporaine.

A l’occasion Jan Petrus tourne dans un film.
Ancien acteur,
Interprète des battements de cœur des pays qui cherchent une identité,
lui c’est la révolution
Parfois le combat.
Les p’tits hôtels sont ses refuges pour la nuit,
Parfois deux jours.
Pas plus.
Il revient de Cuba.
Un billet concernant une fille aux cheveux rouges.
Des musiques dans la ruelle imprégnée de l’odeur du cigare.
Un bandonéon crasseux sur le capot d’une vieille dodge des années 30.
Et pour la nuit…..
Pour la nuit….
Rêvez.
Demain la vie parisienne.

*

Hôtel du Panthéon
Nuit lourde.
L’alcool coula à profusion au Dôme.
Malgré la marche à pieds
Dans la froideur de l’hiver
La tête tourne et les yeux sont troubles.
Jan Petrus prend une longue respiration dans le petit matin.
C’est décidé
Il va déambuler jusqu’au café de Flore.
Son Q.G quand il débarque dans le Paris de ses jeunes années.
Pas alerte pour éveiller la vieille musculature, 
Le jardin du Luxembourg
Et direction St Germain des Prés.
Des galeries
La porte encore close.
Des tableaux…Des photos…
Un Titan accroupi accroche son œil de spécialiste.
Il reviendra.
Ouais ! C’est sûr.
Enfin s’écrouler sur le siège qui lui tend les bras.
Encore le désert.
Des noctambules passent rapidement et vont s’enfiler dans les draps de quelques bouges.
Un p’tit crème et un croissant.
Il se met à rêver.
Aux Titans.


*


Partition 3.


L’église Saint Germains’anime.
9 heures.
Des obsèques se préparent.
Les appariteurs au visage jaunâtre….
La famille converse par petits groupes, par affinités,
On parle d’héritage.
« Un officier de marine ! » lui susurre le garçon bistroquet.
Les huiles du ministère débarquent avec force salamalecs.
Certains se donnent des petites tapes dans le dos.
Jan ferme les yeux.
Sa rêverie reprend une nouvelle direction.
Le petit théâtre d’hier.
L’ambiance de fourmilière au travail.
Les filles pas mal,
Il avait pu assister à une répétition
Une histoire de femmes …
Bon maintenant il va falloir bosser.
Un article pour une revue d’art.
Ben voila !
Le Titan.
Et aussi les Titans.
Encore 30 minutes et j’y vais….


*

                                                                                                                           


Jan Petrus déploya sa longiligne silhouette.
Rien d’un Titan.
Plutôt un Don Quichotte.
Il descendit la rue Bonaparte
Une démarche traînante,
Lenteur du flâneur,
Regards jetés sur les jeunes étudiantes du quartier.
Sans grands désirs.
Son cerveau est plein d’autres pensées.
La petite galerie est ouverte.
Enfin il va découvrir les petits joyaux.
Les voir presque à les toucher.
Le Titan !!!

Enfant du ciel et de la Terre
Il se souvient, Ouranos le père,
Gaia la mère.
Et lui Jan qui se prend pour Prométhée.
Un des nombreux enfants des Titans.
Enfin le calme et la méditation devant ce Titan.
Il s’assoit.
Quelques larmes perlent.

















Détroit / Ange de désolation



La nuit, moment de lune cachée,
de scintillements et de nuages sombres.
Des oiseaux sur les branches effeuillées,
et des gestes lents, des couches sombres,
des soupirs.

CZ

mercredi 30 juillet 2014

LA SOURCE LA FISSURE

LA FISSURE


Imperceptible.
Les berges se fendillent.
Gaïa verse des larmes.
UNE SEMENCE.
Source offrant un liquide mordoré
Nous pénètre aux heures chaudes d’un été paresseux.
Terre arable sous le soc du Chaos initial engendre Ouranos.
Elle s’enveloppe dans les étoiles. Un souffle se répand sur notre corps.
Inassouvi.
Et pénètre nos orifices.
Ceux de Gaïa.
La pelle du fossoyeur.
Les Muses nous couvrent de fleurs.
Le Chant de la pluie.
L’odeur d’un sexe, un visage en pâmoison.

IMAGE DE LA TERRE.
inversement de couleurs