jeudi 22 mai 2014
mercredi 21 mai 2014
Réveil Nocturne
L'eau en rigole
sur le métal d'une table de bar
miaulement du chat perché- au faîte d'un toit de tuiles disjointes-
illuminations brutales de la couche-
un pied découpé dans sa blancheur- la chevelure aux reflets mordorés-
un sein dans le plissement des draps.
Le volet brutalement frappe le mur.
Les yeux s'ouvrent, immenses, sentir le mouvement naître, dans la beauté, danse buto au coeur de la nuit.
Une main se tend, la mienne, la sienne,
le carnet de croquis,
Ea
U pluie
un trait.
Les corps retombent....Le sommeil ////
Au matin un soleil gris inonde la chambre, ouvre les paupières. Chante l'Angélus.
C.C
sur le métal d'une table de bar
miaulement du chat perché- au faîte d'un toit de tuiles disjointes-
illuminations brutales de la couche-
un pied découpé dans sa blancheur- la chevelure aux reflets mordorés-
un sein dans le plissement des draps.
Le volet brutalement frappe le mur.
Les yeux s'ouvrent, immenses, sentir le mouvement naître, dans la beauté, danse buto au coeur de la nuit.
Une main se tend, la mienne, la sienne,
le carnet de croquis,
Ea
U pluie
un trait.
Les corps retombent....Le sommeil ////
Au matin un soleil gris inonde la chambre, ouvre les paupières. Chante l'Angélus.
C.C
Ce fut place de la Comédie à Montpellier
Parfois
un glissement... frôlement... une ombre, sensation étrange, frisson en
moi, en promenade sur la lande, ou bien caché dans le salon au murs
tendus de soie damassée, rouge écarlate, étendu en solitaire, car celle
qui palpe la musculature fatiguée des membres amaigris de mon corps, ce
corps dont j'ai fait usage avec excès, est repartie
vers
d'autres plaisirs, d'autres sensations étranges qu'elle éprouve au
toucher en prodiguant ses caresses, attouchements prolongés, baisers,
alors on s'endort, le ciel est lumineux, envie de chanter.
Un chat noir bondit.....mais il n'y a pas de chat.
La course effrénée d'une ombre minuscule le long des murs circulaires du boudoir, et sa disparition soudaine.
(à suivre)
et maintenant c'est une mouche- il me semble-.
et maintenant c'est une mouche- il me semble-.
Cz.
AUTOPORTRAIT DE Simone FATTAL.
Vidéo : 46' — Couleur et N&B — France, 2012
Image : Pierre-Henri Magnin - Son : Chilpéric de Boiscuiller
Montage : Eugénie Paultre - Production : Simone Fattal
Image : Pierre-Henri Magnin - Son : Chilpéric de Boiscuiller
Montage : Eugénie Paultre - Production : Simone Fattal
« Une jeune
femme, Simone Fattal, comme pour se découvrir, choisit de s’exposer à
l’œil de la caméra, afin que se révèle – mieux que par n’importe quel
miroir ? – une part d’elle-même. Simone se prête, sans jouer, à ce jeu
de reflet que permet le cinéma – choisissant délibérément de se plier
aux impératifs de la captation, acceptant les approximations que la
confrontation à l’objectif pourrait générer, et prenant le risque, non
sans une juste réserve, de se dévoiler aux yeux des autres. Simone se
montre, toute en spontanéité, en se racontant, par touches, par bribes
et fragments – laissant libre cours à la franchise: acceptant sans
compromis de se soumettre à cet exercice de sincérité et de vérité,
qu’elle s’impose et exige. Car Simone semble attendre, avant tout, de
cette « réalisation » de sa propre image, une forme de clarté – le
cinéma devenant alors le medium, ou plutôt la condition privilégiée pour
que paraisse – ou mieux, pour rendre possible, une réalité, qu’il est
seul à même de saisir, de rendre visible, selon son propre équilibre
d’ombres et de lumières. C’est pourquoi ce film est avant tout une
recherche – cinématographique – qui tend à voir : à voir surgir, en
regard, une part de soi – cette part de soi qui ne nous appartient pas
en propre, tant il est vrai que nous sommes chacun, même à notre insu,
un visage de notre humanité? »
(Eugénie Paultre)
|
IL MEURT LENTEMENT
Il meurt lentement
Celui qui ne voyage pas
Celui qui ne lit pas
Celui qui n’Écoute pas de musique
Celui qui ne sait pas trouver grâce à
Ses yeux.
Il meurt lentement
Celui qui détruit son amour-propre
Celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement celui qui devient esclave de l’habitude
Refaisant tous les jours les mêmes chemins
Celui qui ne change jamais de repère
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
Qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement
Celui qui évite la passion
Son
tourbillon d’émotions
Celles Qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent
les cœurs blessés.
Il meurt lentement
Celui qui ne change pas de cap
Lorsqu’il est malheureux
Au travail ou en amour
Celui qui ne prend pas de risques
Pour réaliser ses
rêves
Celui qui pas une seule fois dans sa vie n’a fui les
conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui
Agis tout de suite
Ne te laisse pas mourir lentement
Ne te prive pas d’être heureux.
pablo Neruda.
pour A...
mardi 20 mai 2014
ANGE de DÉSOLATION Groupe Détroit Bertrand CANTAT Pascal HUMBERT
Une lutte. Un poème beau et puissant.
Je pense au drame vécu par Bertrant Cantat et Marie Trintignant.
(visualisez cet enregistrement en full screen)
lundi 19 mai 2014
Les
plages de nos pensées sont parfois désertes, encombrées de lichen et de bois
africain, et le ressac, l’écume de nos caresses,
de
nos instants d’intimité et de prière commune, de nos gestes enchaînés.
Un
très beau texte en hommage à Bernard Marie Koltès.
Nous
vous l’offrons bien volontiers.
« Si
un chien rencontre un chat, par hasard, ou tout simplement par probabilité
parce qu’il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu’ils ne
peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces
contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par
fatalité face à face- non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule
et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain
neutre et désert, plat, silencieux, où l’on se voit de loin, où l’on s’entend
marcher, un lieu qui interdit l’indifférence, ou le détour, ou la fuite ;
lorsqu’ils s’arrêtent l’un en face de l’autre, il n’existe rien d’autre entre
eux que de l’hostilité, qui n’est pas un sentiment, mais un acte, un acte
d’ennemis, un acte de guerre sans motif.
Les
vrais ennemis le sont de nature, et ils se reconnaissent comme les bêtes se
reconnaissent à l’odeur. Il n’y a pas de raison à ce que le chat hérisse le
poil et crache devant un chien inconnu ni à ce que le chien montre les dents et
grogne. Si c’était de la haine, il faudrait qu’il y ait eu quelque chose avant,
la trahison de l’un, la perfidie de l’autre, un sale coup quelque part ;
mais il n’y a pas de passé commun entre les chiens et les chats, pas de sale
coup, pas de souvenir, rien que du désert et du froid. On peut être
irréconciliable sans qu’il y ait eu de brouille, on peut tuer sans
raison ; l’hostilité est déraisonnable.
Le premier acte de l’hostilité, juste avant le coup,
c’est la diplomatie qui est le commerce du temps. Elle joue l’amour en
l’absence d’amour, le désir par répulsion. Mais c’est comme une forêt en
flammes traversée par une rivière, l’eau et le feu se lèchent, mais l’eau est
condamnée à noyer le feu et le feu forcé de volatiliser l’eau. L’échange des mots ne sert qu’à gagner du
temps avant l’échange des coups parce que personne n’aime recevoir des coups et
tout le monde aime gagner du temps.
Selon la raison, il est des espèces qui ne devraient
jamais, dans la solitude, se trouver face à face. Mais notre territoire est
trop petit, les hommes trop nombreux, les incompatibilités trop fréquentes, les
heures et les lieux obscurs et déserts trop innombrables pour qu’il y ait
encore de la place pour la raison."
Festival AVIGNON 2001
©pour Aline Hernandez
samedi 17 mai 2014
mercredi 14 mai 2014
Depuis
ma naissance je suis sur ce promontoire, le regard se pose sur l’horizon et
j’observe les oiseaux de mer qui plongent et replongent, avide de pitance, leur
cri est un ricanement en écho.
Depuis
ma naissance, les mains enfouies dans les poches de ma djellaba de soie
blanche, j’offre mon corps au vent, les rafales du vent qui viennent du
lointain.
Les
rafales chargées des senteurs rares de l’orient. Mes lèvres bleuissent,
se gercent,
les embruns pénètrent mes narines, s’infiltrent dans la fente des yeux, un
grondement sourd dans le pavillon des oreilles, étrange pénétration du corps
par le bas, glissement humide.
Les
jambes immergées dans la vague écumante blanchissent de froid.
Depuis
ma naissance mon corps est en mouvement, les scissures du cerveau parviennent
lentement à maturité...
Dans
l’intérieur les organes développent les cellules qui nous font ce que nous
sommes « des êtres en mouvement constant » que parfois la maladie
assaille.
Notre
être devient autre.
samedi 10 mai 2014
Chant
du Griot
*
Racines
ouvertes
Au
cœur de l'arbre sacré
Blancheur
du masque.
*
Un
oiseau blanc saigne
Cœur
fripé dans la poche
Le
bleu de l'' âme.
*
Une
flèche a percé le plumage s'est engouffrée jusqu'au cœur
brisant
l'envol majestueux.
L'œil
pleure.
Déjà
les rampants s'acheminent vers la carcasse.
RENCONTRE SUR LES BOLONGS
Nous
nous retrouvons sur les bords du bolong. Frissons du petit matin,
glissement furtif du lamantin, claquement sur la surface de l'eau,
chant du piroguier, lutte du poisson des abysses revenu de l'immense
océan, des fosses étranglés de rochers recouverts d'algues brunes,
ceinturées de vestiges des navires antiques immergés.
Elle
est nue, la bruine ayant une saveur salée flotte dans l'air autour
de son corps, le soleil est caché et viendra montrer son visage
quand le jour sera levé.
Appuyé
sur sa perche le pêcheur lance son filet et guette les rides sur la
surface de l'eau, rides laissant deviner la présence des minuscules
poissons chat qui sont la nourriture quotidienne des monstres en
chasse ou à l'affût.
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