mercredi 21 mai 2014

Réveil Nocturne

L'eau en rigole
sur le métal d'une table de bar
miaulement du chat perché- au faîte d'un toit de tuiles disjointes-
illuminations brutales de la couche-
un pied découpé dans sa blancheur- la chevelure aux reflets mordorés-
un sein dans le plissement des draps.
Le volet brutalement frappe le mur.
Les yeux s'ouvrent, immenses, sentir le mouvement naître, dans la beauté, danse buto au coeur de la nuit.
Une main se tend, la mienne, la sienne,
                                                          le carnet de croquis,

                                               Ea  
                                                    U    pluie

un trait.

Les corps retombent....Le sommeil  ////     

Au matin un soleil gris inonde la chambre, ouvre les paupières. Chante l'Angélus.   

C.C                               

Ce fut place de la Comédie à Montpellier

Parfois un glissement... frôlement... une ombre, sensation étrange, frisson en moi,  en promenade sur la lande, ou bien caché dans le salon au murs tendus de soie damassée, rouge écarlate, étendu en solitaire, car celle qui palpe la musculature fatiguée des membres amaigris de mon corps, ce corps dont j'ai fait usage avec excès, est repartie
vers d'autres plaisirs, d'autres sensations étranges qu'elle éprouve au toucher en prodiguant ses caresses, attouchements prolongés, baisers, alors on s'endort, le ciel est lumineux, envie de chanter.
Un chat noir bondit.....mais il n'y a pas de chat.
La course effrénée d'une ombre minuscule le long des murs circulaires du boudoir, et sa disparition soudaine.
                                                                   (à suivre) 

et maintenant c'est une mouche- il me semble-.
Cz.

AUTOPORTRAIT DE Simone FATTAL.

Autoportrait



Vidéo : 46' — Couleur et N&B — France, 2012
Image : Pierre-Henri Magnin - Son : Chilpéric de Boiscuiller
Montage : Eugénie Paultre - Production : Simone Fattal

« Une jeune femme, Simone Fattal, comme pour se découvrir, choisit de s’exposer à l’œil de la caméra, afin que se révèle – mieux que par n’importe quel miroir ? – une part d’elle-même. Simone se prête, sans jouer, à ce jeu de reflet que permet le cinéma – choisissant délibérément de se plier aux impératifs de la captation, acceptant les approximations que la confrontation à l’objectif pourrait générer, et prenant le risque, non sans une juste réserve, de se dévoiler aux yeux des autres. Simone se montre, toute en spontanéité, en se racontant, par touches, par bribes et fragments – laissant libre cours à la franchise: acceptant sans compromis de se soumettre à cet exercice de sincérité et de vérité, qu’elle s’impose et exige. Car Simone semble attendre, avant tout, de cette « réalisation » de sa propre image, une forme de clarté – le cinéma devenant alors le medium, ou plutôt la condition privilégiée pour que paraisse – ou mieux, pour rendre possible, une réalité, qu’il est seul à même de saisir, de rendre visible, selon son propre équilibre d’ombres et de lumières. C’est pourquoi ce film est avant tout une recherche – cinématographique – qui tend à voir : à voir surgir, en regard, une part de soi – cette part de soi qui ne nous appartient pas en propre, tant il est vrai que nous sommes chacun, même à notre insu, un visage de notre humanité? »
(Eugénie Paultre)

IL MEURT LENTEMENT



Il meurt lentement
Celui qui ne voyage pas
Celui qui ne lit pas
Celui qui n’Écoute pas de musique
Celui qui ne sait pas trouver grâce à
                                                                 Ses yeux.

Il meurt lentement
Celui qui détruit son amour-propre
Celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement celui qui devient esclave de l’habitude
Refaisant tous les jours les mêmes chemins
Celui qui ne change jamais de repère
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements
Qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement
Celui qui évite la passion
                                            Son tourbillon d’émotions
Celles Qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les cœurs blessés.

Il meurt lentement
Celui qui ne change pas de cap
Lorsqu’il est malheureux
Au travail ou en amour
Celui qui ne prend pas de risques
 Pour réaliser ses rêves
Celui qui pas une seule fois dans sa vie n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui
Agis tout de suite
Ne te laisse pas mourir lentement

Ne te prive pas d’être heureux.  

pablo Neruda.


pour A...                                            

mardi 20 mai 2014

COLLAGE CATIE CAZALS

Collage de CATIE CAZALS


Collage Catie CAZALS

ANGE de DÉSOLATION Groupe Détroit Bertrand CANTAT Pascal HUMBERT




Une lutte. Un poème beau et puissant.
Je pense au drame vécu par Bertrant Cantat et Marie Trintignant.
(visualisez cet enregistrement en full screen)

lundi 19 mai 2014



Les plages de nos pensées sont parfois désertes, encombrées de lichen et de bois africain, et le ressac, l’écume de nos caresses,

de nos instants d’intimité et de prière commune, de nos gestes enchaînés.

Un très beau texte en hommage à Bernard Marie Koltès.

Nous vous l’offrons bien volontiers.



« Si un chien rencontre un chat, par hasard, ou tout simplement par probabilité parce qu’il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu’ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face- non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l’on se voit de loin, où l’on s’entend marcher, un lieu qui interdit l’indifférence, ou le détour, ou la fuite ; lorsqu’ils s’arrêtent l’un en face de l’autre, il n’existe rien d’autre entre eux que de l’hostilité, qui n’est pas un sentiment, mais un acte, un acte d’ennemis, un acte de guerre sans motif.

Les vrais ennemis le sont de nature, et ils se reconnaissent comme les bêtes se reconnaissent à l’odeur. Il n’y a pas de raison à ce que le chat hérisse le poil et crache devant un chien inconnu ni à ce que le chien montre les dents et grogne. Si c’était de la haine, il faudrait qu’il y ait eu quelque chose avant, la trahison de l’un, la perfidie de l’autre, un sale coup quelque part ; mais il n’y a pas de passé commun entre les chiens et les chats, pas de sale coup, pas de souvenir, rien que du désert et du froid. On peut être irréconciliable sans qu’il y ait eu de brouille, on peut tuer sans raison ; l’hostilité est déraisonnable.

Le premier acte de l’hostilité, juste avant le coup, c’est la diplomatie qui est le commerce du temps. Elle joue l’amour en l’absence d’amour, le désir par répulsion. Mais c’est comme une forêt en flammes traversée par une rivière, l’eau et le feu se lèchent, mais l’eau est condamnée à noyer le feu et le feu forcé de volatiliser l’eau.  L’échange des mots ne sert qu’à gagner du temps avant l’échange des coups parce que personne n’aime recevoir des coups et tout le monde aime gagner du temps.

Selon la raison, il est des espèces qui ne devraient jamais, dans la solitude, se trouver face à face. Mais notre territoire est trop petit, les hommes trop nombreux, les incompatibilités trop fréquentes, les heures et les lieux obscurs et déserts trop innombrables pour qu’il y ait encore de la place pour la raison."



Festival AVIGNON 2001

©pour Aline Hernandez
(Pour des raisons médicales le blog est interrompu Jusqu'au Dimanche 25 Mai.
Vous pouvez me joindre au 06.19.31.06.83 ou au
04.75.04.12.35 
Vous pouvez également me joindre par courrier à
Christian CAZALS,
Le VILLAGE
26700
LA GARDE ADHÉMAR)

*
(Nous continuons à déposer des textes)





samedi 17 mai 2014

Images intégrées 1
Photo de catie cazals






A l'heure matinale je fixe l'horizon.
Dans un jet d'écumes une barque de bois sombre surmontée d'une voile latine.
Un marin solitaire la dirige.
Il va d'un lieu à un autre dans un ballet ininterrompu.
Un passeur?


mercredi 14 mai 2014



Depuis ma naissance je suis sur ce promontoire, le regard se pose sur l’horizon et j’observe les oiseaux de mer qui plongent et replongent, avide de pitance, leur cri est un ricanement en écho.

Depuis ma naissance, les mains enfouies dans les poches de ma djellaba de soie blanche, j’offre mon corps au vent, les rafales du vent qui viennent du lointain.

Les rafales chargées des senteurs rares de l’orient. Mes lèvres bleuissent,

se gercent, les embruns pénètrent mes narines, s’infiltrent dans la fente des yeux, un grondement sourd dans le pavillon des oreilles, étrange pénétration du corps par le bas, glissement humide.

Les jambes immergées dans la vague écumante blanchissent de froid.

Depuis ma naissance mon corps est en mouvement, les scissures du cerveau parviennent lentement à maturité...

Dans l’intérieur les organes développent les cellules qui nous font ce que nous sommes « des êtres en mouvement constant » que parfois la maladie assaille.

Notre être devient autre.

samedi 10 mai 2014

Chant du Griot

*

Racines ouvertes
Au cœur de l'arbre sacré
Blancheur du masque.

*

Un oiseau blanc saigne
Cœur fripé dans la poche
Le bleu de l'' âme.

*

Une flèche a percé le plumage s'est engouffrée jusqu'au cœur
brisant l'envol majestueux.
L'œil pleure.
Déjà les rampants s'acheminent vers la carcasse.

RENCONTRE SUR LES BOLONGS

Nous nous retrouvons sur les bords du bolong. Frissons du petit matin, glissement furtif du lamantin, claquement sur la surface de l'eau, chant du piroguier, lutte du poisson des abysses revenu de l'immense océan, des fosses étranglés de rochers recouverts d'algues brunes, ceinturées de vestiges des navires antiques immergés.
Elle est nue, la bruine ayant une saveur salée flotte dans l'air autour de son corps, le soleil est caché et viendra montrer son visage quand le jour sera levé.
Appuyé sur sa perche le pêcheur lance son filet et guette les rides sur la surface de l'eau, rides laissant deviner la présence des minuscules poissons chat qui sont la nourriture quotidienne des monstres en chasse ou à l'affût.