mardi 9 octobre 2012

CYGNE



CYGNE


Couleur du cygne, épaisseur ouatée de ses ailes,
 Chant de ton cœur,
Et longueur de tes bras,
Chaleur,
Joie,
caresse.

Couleur du cygne, épaisseur ouatée de ses ailes.
Froideur de la neige
Pureté d’une robe,
Pureté  blanche
Et calme du velours,
Ses replis sa douceur.
Glissement.

L’alcôve saigne.

samedi 6 octobre 2012

TRAVAILLEUSE





Travailleuse des bois et
  des terres incultes.
Des souches en décomposition.
La cigale chante...
Elle... est à l'œuvre été comme hiver.

Quant à la cigale elle ne se soucie de rien.

vendredi 5 octobre 2012

ENTREBAILLEMENT

Sur les branches de mon arbre
Piquées de l'insondable richesse du
givre
Je dépose une larme
Et mon cœur
Et tout ce qui frémit
Dans le courant profond de ma vie.

Je laisse à tes mains
Le soin de cueillir ce qui palpite
qui résiste
qui rechigne
Et ce qui tombe mûr
Un matin de printemps.




LA KORA.

LECTURE SOUS L'ARBRE SACRÉ.


La Kora est issue de la culture mandingue et associée dans la tradition orale du pays à une légende.
La kora fut découverte par le chef de guerre Tira Maghan Traoré qui l'offrit à un de ses compagnons Djelimaly Oulé Diabaté qui la transmise à son fils Kamba.
La première kora est l'instrument personnel d'une femme génie vivant dans les grottes de Kansala en Gambie.
Le grand chef de guerre fut ému par la musique de cet instrument et décida d'en déposséder la femme génie
pour l'offrir à son ami griot Djelimaly qui à son tour la transmit à son fils Kamba.
Ainsi elle passa de père en fils jusqu'à Tilimaghan Diabaté qui l'introduisit au Mali.
C'est véritablement l'instrument du griot.
Indissociable de cette caste à laquelle appartiennent ces troubadours africains, gardiens de la tradition orale.
La kora n'est pas que musique, elle transmet la tradition que celle ci soit la joie ou la tristesse.


La tradition africaine est souvent chargée d'histoires tristes.

 *

mercredi 3 octobre 2012

NOMADE



Le vent cesse sa furieuse symphonie.
Le rocher craque émet un chant sous le soleil qui chauffe et écartèle le minerai refroidi la nuit précédente.
La caravane sort lentement de l'emprise du sable, les dromadaires se dressent et blatèrent. Le désert endormi sort de la léthargie d'une chaude journée.
L'homme bleu, guerrier à la chevelure épaisse,à l'œil étincelant sous son chèche, secoue sa gandoura et s'agenouille priant Dieu.
Le désert s'anime et la longue file marchande s'étire.

On attend le chef.

Deux ou trois chiens furieux aboient et tourne autour des dromadaires et des hommes.
Des enfants crient et poursuivent les chèvres qui leur donnent du lait.

Soudain le silence.

Sortant d'une faille illuminée de cristaux de sel un enfant nu lève le bras.
La caravane s'ébranle.

GUERRIER BLEU

mardi 2 octobre 2012

LE CŒUR OUVERT

Des lunes, une
Blancheur spectrale, la peur,
Le frisson d’Éros.

*
Visage d’ambre
Une caresse chaude
Plumes d’un ange.

*
Brève nuit d’été
Ils sont en méditation
Lèvres sanglantes.



*©boucherif

lundi 1 octobre 2012

L'ALTERNATIVE

Des senteurs opiacées
l' alternative de ton chant roucoulé
et de la danse
vibration d'un corps esseulé
l'alternative de ton regard
de tes yeux occultés
et des larmes
sur le visage
lent glissement des mains dans une exploration

savante.

Égarement dans la chevelure.

Abandon.

jeudi 27 septembre 2012

LE JARDIN MALADE




LE JARDIN MALADE


Et puis il y a des fleurs étranges
Des noires
Des rouges sombres
Elles ont des tiges démesurées
Des épines sanglantes
Elles ploient sous le poids du calice.

Une musique dans ce jardin
Et des oiseux étranges
Le bec luisant.
Prêts à déchirer la chair de celui qui s'approche de trop près.


©boucherif

LES YEUX FERMÉS ELLE DIT



Les yeux fermés elle dit

*

Gratter la guitare
Larmes glissant sur les joues.
Chanter une nuit fraîche.

*

La cendre du corps
Les nymphes se dévoilent
Orage et lointain.

*

Une grenouille
Aventureux serpent d'eau
Larme matinale

*

mercredi 26 septembre 2012

LA ROUTE DES CHEVRIERS



La route des chevriers


Les sentiers de pierres broyées
Vestiges des cataclysmes et des
Éruptions millénaires sont
Cloisonnés de murets de pierres sèches.

La marche circulaire
Les plongées dans l’eau turquoise
A la nuit tombée, les étreintes au sommet de la falaise.
Les mains prennent le chemin doux et musical
Des creux, des sphères, des replis soyeux,
Des ouvertures
Et des chœurs angéliques.

Jusqu’au cœur, les narines frémissantes
Et les effluves de musc et d’ambre,
De chèvrefeuille sur la blancheur immaculée
D’un ventre,
La caresse d’une flûte dans l’oreille attentive aux gémissements.

Des larmes.

La route des chevriers passe en lacets au plus haut de l’île, plonge dans les ravins envahis de broussaille.

La route des chevriers est sans limites.

 
©boucherif



mardi 25 septembre 2012

LA LUNE AU DÉSERT
Le chant du désert se répercute dans l'enfilade des dunes
Le chant du désert m'emporte dans un souffle glacé
Le chant du désert recouvre le pas du chamelier
Le chant du désert accompagne la plainte d'une chamelle en gésine

Des frissons parcourent mon corps
Le vent de sable brouille mon regard.

Un rayon de lune me fait découvrir celle qui enchante mes nuits
Un rayon de lune découpe le firmament
Un rayon de lune et le désir d'une étreinte
Un rayon de lune la caravane étendue au creux de l'oued.

Des frissons, un regard, le désir de l'Autre. Son visage et ses larmes.

Son cœur en jouissance.

©boucherif

HANÈNE. Le petit Tour du Bonheur

HANÈNE.


Accompagnée d'un musicien Hanène chante et nous emporte dans un duo plein de sensibilité et d'humour.


LE PETIT TOUR DU BONHEUR

 HANÈNE
 

samedi 22 septembre 2012

LE BLEU 2

BLEU 2





Je ne sais comment faire pour que mon cœur batte
Je ne sais comment faire pour que ton cœur batte
Impose le silence dans mon cerveau bousculé
Je ne sais comment faire pour...

Peut-être la page blanche?

Enfin le Bleu.

Des larmes en perles de cristal.

Alors elle déplia son corps
qu'elle avait en merveilleuse plante.
Le froid de la nuit
accentuait la rigidité de ses formes,
le petit matin
un bleu profond
laissait la pleine lune inonder la couche
la moustiquaire voletait
et
le cri effrayé des oiseaux migrateurs ponctuait le ressac.

Elle sentit la douceur d'une main.
Un souffle.



mardi 18 septembre 2012

ROUGE

RED 1
RED



Rouge

Se dégage

La chaleur

celle d'une couleur

et se répand en brume parfumée

en geste et posture féminine,

une danse

sur un tapis de couleur chaude.

Le rouge se dégage.

Le rouge est là.

Présent.

Palpable.

Un rouge au corps.

Je m'étend dans le rouge

et en jouit...

dimanche 16 septembre 2012

Ô CAPITAINE! MON CAPITAINE!

Ô Capitaine ! mon Capitaine ! fini notre effrayant voyage,
Le bateau a tous écueils franchis, le prix que nous quêtions est gagné,
Proche est le port, j'entends les cloches, tout le monde qui exulte,
En suivant des yeux la ferme carène, l'audacieux et farouche navire ;

Mais ô cœur ! cœur ! cœur !

Oh ! les gouttes rouges qui lentement tombent
Sur le pont où gît mon Capitaine,
Étendu mort et glacé.

Ô Capitaine ! mon Capitaine ! lève-toi et entends les cloches !

Lève-toi - c'est pour toi le drapeau hissé - pour toi le clairon vibrant,
Pour toi bouquets et couronnes enrubannés - pour toi les rives noires de monde,
Toi qu'appelle leur masse mouvante aux faces ardentes tournées vers toi ;

Tiens, Capitaine ! père chéri !

Je passe mon bras sous ta tête !
C'est quelque rêve que sur le pont,
Tu es étendu mort et glacé.

Mon Capitaine ne répond pas, pâles et immobiles sont ses lèvres,

Mon père ne sent pas mon bras, il n'a ni pulsation ni vouloir,
Le bateau sain et sauf est à l'ancre, sa traversée conclue et finie,
De l'effrayant voyage le bateau rentre vainqueur, but gagné ;

Ô rives, Exultez, et sonnez, ô cloches !

Mais moi d'un pas accablé,
Je foule le pont où gît mon Capitaine,
Étendu mort et glacé.


Walt  Whitman.

( En réponse à un commentaire lu dans un blog