mardi 8 mai 2012

Les Alcôves du vent

Le vent souffle du Nord.

Souvent il vient de l'océan et siffle, élargissant au fil des ans, les multiples interstices de la pierre friable.

Il dessèche la bruine quant il vient du désert.

On entend le rugissement du lion transporté par le vent du Sud, le vent de la savane et de la brousse.

Le pas lourd des bêtes à corne et le barrissement de l'éléphant chargeant la gazelle.

La pierre s'est creusée et les alcôves abritent les femmes voilées et le guerrier vêtu de bleu enturbanné d'un 

long tissu de soie blanche.




Sculpture Claude MICHEL                                                                       
 Atelier Émaillerie. La Garde Adhémar

lundi 7 mai 2012

UNE LARME. Jean MATHON/ Musée d'Art Moderne St Just d'Ardèche

Entre une pile de dentelles à date de fraîcheur dépassée et une soupière argentée un peu cabossée, se dressait fière à l'étalage une carafe.
A l'âge de l'eau minérale certifiée vendue en bouteilles plastique et en wagons entiers, la fierté de cette carafe en place publique, aurait pu durer longtemps en attente d'un coup de coude malencontreux ou d'un accès de mistral en bourrasque.
Mais je l'ai prise pour la rougir, la remplir du vin d'ici et, au moment du repas et plats étalés, j'ai soulevé le bouchon en cristal à huit facettes et l'ai utilisé pour faire tinter les huit verres des huit convives à qui j'ai dit: 
<< j'attaque avec ma larme blanche>>



Vous pouvez écrire un court texte utilisant la phrase:

J' ATTAQUE AVEC MA LARME BLANCHE




Envoyez vos écrits à Musée d'Art Moderne  07700  St Just d'Ardèche.
Les meilleurs seront publiés.
Rgts: 04.75.98.85.10

Famous blue raincoat. Leonard COHEN


vendredi 4 mai 2012

NOUS N'AVONS FAIT QUE FUIR. Bertrand CANTAT








Je connais des collines qui s'imaginent reines, règnent sur l'opéra des orages féminins, et tu peux doucement poser ta tête nue sur leurs courbes de pain de joie et de misère.
C'est morsure de poussière mais poussière accueillante. Des tissus élastiques, de la chair de printemps, un carrousel vibrant sur un axe impétueux.
S'étourdir / le sang mélangé
S'étourdir / au son des astres morts
S'étourdir / le sang mélangé
S'étourdir

Prenez-nous pour des cons
Prenez-nous pour des chiens
Continuez
Ne vous gênez pas
      Vos crachats ça nous fait des coquilles
      de cristal
Il suffit d'empoigner la crinière de l'étoile.

jeudi 3 mai 2012

ILS REVIENNENT

Paul SAINT ALARY et son Guide Chant
©  photo La Dépèche du Midi






Retour des lieux inhospitaliers, le gel fendait les pierres, crevassaient les doigts et la plante des pieds, aveuglaient les yeux et noircissaient la peau du visage.
Des larmes pétrifiées, une haleine fétide, un regard profond perdu dans l'immensité de l'inconscient.
Le grand rideau rouge se déchira de haut en bas, rideau de scène, rideau d'un théâtre cruel, violent, théâtre pervers. Ils reviennent! clama la mère dans le matin blême, sortant l'enfant du lit.
Ils reviennent et nous avons rendez-vous à cette adresse pour aller le chercher.
"le" c'était notre oncle, celui qui pour nous, moi et ma sœur, était l'homme au Guide Chant. Vous savez? Ces petits pianos, en général de marque Kasriel qui servaient au professeur pour accompagner les enfants des écoles, les premiers rythmes, les premières harmonies.
C'était un maître d'école comme on disait, très aimé par ses élèves et qu'un matin l'ennemi avait embarqué sans ménagements pour des raisons politiques. Ce fut l'emprisonnement dans le pays lointain et froid, pays gris, au-delà d'un large fleuve qui défendait les frontières.
Le Guide Chant enfermé dans un placard était couvert de poussière. Les voix s'éteignaient. Les enfants aidaient aux travaux de la ferme.
Les rues parisiennes, encombrées comme à l'accoutumée, sentaient la guerre. Des militaires, des véhicules étranges, des visages fermés.
Pas d'argent pour le métro, on conservait le ticket pour le retour, l'oncle étant certainement épuisé.
On le récupéra dans un grand Hôtel parisien qui servait à regrouper les survivants et à les remettre à leurs familles en plus ou moins bon état physique.
L'oncle était un colosse. J'aimai le comparer à Jean Valjean.
Le métro nous débarqua à la porte de l'immeuble
Quatre étages. Enfin le repos, le calme, LA PAIX.
Je ne me souviens plus du temps qu'il passa avec nous. Les jours passaient dans le calme, puis il repartit chez lui dans le Sud de la France, dans cette région de montagne où il avait ses racines.

Je me souviens très bien de ce numéro tatoué sur le bras. Numéro qui servait à l'identifier parmi les détenus du Camp de Buchenvald

©boucherif



   
" Les sondages ne sont pas un substitut à la réflexion. "


Warren  Buffet

mardi 1 mai 2012

dimanche 29 avril 2012

ECRIRE

Parfois l'écriture est chancelante. Elle devient hésitante.
La lettre se tord, le mot trébuche, on ressent la lenteur, les intervalles sont de plus en plus écartés, un essoufflement, l'encre si beau liquide noir, violet, blanc, rouge, se trouble, s'épaissit, se répand, souille le papier, tache et grimace.
L'écriture s'interrompt.
La pensée de celui ou celle qui tient le porte plume se trouble.
La page reste vide.

Ici, maintenant je parle de moi.
Et je ferme les yeux, je plonge dans un monde étrange qui est le mien.

L'Afrique vient à mon secours. Avec ses conteurs, la savane et le désert.
Les animaux surgissant sur la piste que j'emprunte.
La tente touareg  dans laquelle nous prenons quelques heures de repos.

Alors, ce vide de la phrase, du papier resté vide, une pensée africaine vient l'occuper.

" Si tu ne sais pas où tu vas, souviens-toi d'où tu viens."


"Chaque fois que vous laissez parler votre coeur pour invoquer un être de l'autre monde ou pour lui faire part de ce qui se passe ici, vous êtes en rituel".


ÉCRIRE EST UN RITUEL. 





Travailleurs du village d'Abéné



vendredi 27 avril 2012

DESDICHADO.


Fouler une neige immaculée,
parcours du doigt, pulpe,
filet bleu de ta vie qui ruisselle,
obéit au rythme du tambour cloisonné,
enfermé dans la cage d'os et de chair,
sein qui se gonfle,
chair tendue d'une pointe turgescente
le froid,
la blancheur d'un voile angélique.

Poudreuse dans le vent venant des plaines du nord.

Ma main se referme. ÉTREINT.
Le chant et l'ombre sous le feuillage surchargé de neige.
Les rameaux de bois sec,
pétrifiés,
cassants.


Des chants d'oiseaux...





samedi 21 avril 2012

LA PORTE ETROITE

AIMER ( Christian BOBIN )

Flash sur ce très beau texte de Christian BOBIN en exergue du paragraphe " Vivante " dans Parce que je t'aime de Guillaume Musso.



Aimer, c'est prendre soin de la solitude de l'autre sans jamais la combler, ni même la connaître.
 

vendredi 20 avril 2012

SUR LE CHEMIN DE RONDE

Les rameaux des ronces pétrifiés par le gel

                                                               Ma démarche

Hésitante - les os craquent -

                                         le regard se brouille

La chair fendillée - un liquide blanchâtre s'écoule en sperme douloureux -

Des larmes glissent sur les chairs.

Un Requiem dans les hautes branches des arbres centenaires.

La mort certaine se faufile en moi.


                                                  Sur le chemin de ronde.






jeudi 19 avril 2012

LA VIE A L'ENVERS


LA VIE A L’ENVERS.



Certains se perdent dans l’envers des

CHOSES

L’enfer des mots
Des jours passés
Des moments à venir

S’ILLUMINE

Le revers de ton image
Ensoleillée
Fruit mûr suspendu

Reflets mordorés d’une chevelure orientale

Brillance
Du jeu de jambe

NACRE

Envers de notre danse charnelle.

ENVERS.
Et puis prendre les chemins de traverse.

Présenter un dos dénudé aux griffures des ronces
S’enfoncer dans le buisson de roses sauvages.

UN ANGE ME REPOUSSE.

Il sourit
Car une perle dorée orne mes seins aux épines dressées, acérées.

Me déchirer à l’endroit, à l’envers.

MES PLAINTES SONT A L’UNISSON
DU ROUCOULEMENT DE LA PALOMBE.



SECNOR SEL TE SERÛM SEL